Les adouls du Royaume ont investi massivement le parvis du Parlement ce lundi 20 avril, marquant une nouvelle étape dans l’escalade de la tension qui secoue le secteur du notariat traditionnel. À l’appel de l’Instance nationale des adouls, des centaines de professionnels venus de toutes les cours d’appel du pays ont manifesté pour exiger le retrait immédiat du projet de loi 16.22 de l’institution législative. Les manifestants réclament un retour à la table des négociations, prévenant que la contestation ne s’arrêtera qu’une fois leurs revendications satisfaites.
Cette démonstration de force intervient à un moment charnière, alors que la Commission de la justice de la Chambre des conseillers s’apprête à valider un texte jugé liberticide par la profession. Au cœur des griefs figurent l’absence de mécanismes de travail modernes et, surtout, l’impossibilité d’accéder au système de dépôt auprès de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), une réforme pourtant jugée vitale pour garantir la sécurité des transactions et la compétitivité du métier. Pour les professionnels présents, le texte actuel ne répond en rien aux mutations de la société marocaine et affaiblit leur rôle au sein de l’échiquier judiciaire.
La colère des adouls se cristallise également sur la dimension jugée « répressive » du projet de loi. Selon Fatima Essalhi, membre de la commission de communication du Conseil régional de Rabat, le texte contient une trentaine d’articles dédiés exclusivement aux sanctions et au contrôle, transformant un cadre censé être organisationnel en un véritable arsenal pénal. Elle déplore que cette réforme, qui devait initialement moderniser la profession et consolider la place des femmes adouls, se transforme en une menace pour la pérennité même de leur activité. Entre exigence de dignité et besoin de garanties statutaires, les adouls appellent désormais à un arbitrage qui préserve l’indépendance de leur fonction face à ce qu’ils qualifient de dérive législative.






