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El Yamani dénonce la « libéralisation aveugle » des prix et réclame un retour à la régulation

Le rideau est tombé ce dimanche à Mohammedia sur le 6ème Congrès national du Syndicat national des industries du pétrole et du gaz, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT). Sous le slogan de la protection des acquis et du renforcement de la souveraineté énergétique, ce rassemblement a débouché sur une déclaration finale aux revendications tranchantes, marquant une volonté claire de bousculer le statu quo sectoriel et social du Royaume. Dans un contexte de tensions internationales accrues, les congressistes ont lié la stabilité nationale à une maîtrise accrue des ressources, réitérant par ailleurs leur soutien indéfectible à l’intégrité territoriale du pays, incluant le Sahara et la récupération des présides de Sebta et Melilla.

Le cœur des débats a été dominé par l’urgence d’une souveraineté énergétique que le syndicat juge aujourd’hui vulnérable. La revendication phare demeure la relance de la raffinerie de la Samir, pilier industriel de Mohammedia en liquidation judiciaire depuis 2015. Le Congrès exige désormais une intervention directe de l’État pour reprendre l’usine sous son giron, y voyant l’unique rempart contre la dépendance aux marchés extérieurs et les importations jugées anarchiques. Parallèlement, le syndicat a lancé une charge frontale contre la libéralisation des prix des carburants, qualifiée de mesure « aveugle » ayant durement frappé le pouvoir d’achat des citoyens en l’absence de réelle concurrence.

Sur le plan de la gouvernance, l’organisation réclame une refonte du cadre réglementaire, suggérant la création d’une agence nationale de régulation indépendante et le retrait du dossier des hydrocarbures des compétences du Conseil de la Concurrence. Les congressistes n’ont pas mâché leurs mots face à ce qu’ils nomment le « mariage de l’argent et du pouvoir », dénonçant les situations de rente et les monopoles qui pénaliseraient l’économie nationale. Face à la cherté de la vie, le gouvernement est sommé d’assumer ses responsabilités dans le contrôle des prix et la protection des travailleurs, dont les acquis sociaux sont de plus en plus menacés.

Le Congrès s’est conclu par un signal fort de renouvellement interne : si Houssine El Yamani a été reconduit à l’unanimité au poste de Secrétaire général, les instances dirigeantes ont été rajeunies avec un taux de renouvellement de 90 % et une présence massive de jeunes (81 %). Ce nouveau bureau national, fort de 21 membres, entend poursuivre la ligne militante historique de la CDT, plaçant la dignité des techniciens, ingénieurs et cadres du secteur au centre d’un combat qui se veut à la fois social, industriel et patriotique.

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