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Maroc : 70 000 départs à la retraite dans la fonction publique d’ici 2030

La fonction publique marocaine s’apprête à tourner une page historique. Entre 2026 et 2030, ce sont 70 266 fonctionnaires qui feront valoir leurs droits à la retraite pour limite d’âge, un exode massif qui rebat les cartes de l’administration et pose avec acuité la question du renouvellement des compétences.

Selon le rapport sur les ressources humaines annexé au projet de loi de finances 2027 et fondé sur les données de la Caisse marocaine des retraites, l’onde de choc de ces départs touchera en premier lieu l’Éducation nationale et l’enseignement préscolaire. À eux seuls, 28 026 agents s’apprêtent à quitter les rangs, représentant près de 40 % des départs prévus et 15 % des effectifs globaux du secteur.

Derrière l’Éducation, le ministère de l’Intérieur arrive en deuxième position avec 15 945 départs (22,7 %), suivi de la Santé (5 645) et de l’Enseignement supérieur (4 793). Le département de l’Économie et des Finances comptera quant à lui 2 792 départs, contre 2 307 pour la Justice, tandis que l’ensemble des autres administrations cumulera 10 772 départs.

Ces chiffres vertigineux mettent en lumière un double défi pour l’État : garantir la continuité et la qualité du service public tout en préparant la transmission des savoir-faire aux jeunes générations. Un enjeu d’autant plus sensible que l’administration civile comptait 574 026 agents en 2026, pour une masse salariale publique ayant grimpé à 195,331 milliards de dirhams — contre 118,7 milliards dix ans plus tôt, soit une hausse de plus de 64 %.

Entre maîtrise des dépenses de personnel et impératif de renouvellement des compétences, la fonction publique se trouve ainsi à la croisée des chemins, sommée de réinventer sa gestion des ressources humaines pour répondre aux attentes croissantes des citoyens.

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