Les marchés des moutons de l’Aïd al-Adha connaissent une forte reprise de leur activité après l’année 2025, marquée par l’absence de sacrifice de l’Aïd, dans un contexte caractérisé par une abondance notable de l’offre mais aussi par une persistance des incertitudes autour des prix pratiqués sur le marché marocain.
Selon plusieurs spécialistes de l’élevage, le cheptel national dépasse actuellement les 32 millions de têtes, tandis que le nombre d’animaux identifiés et destinés au sacrifice pourrait atteindre près de 8 millions de têtes, alors que la demande habituelle oscille généralement entre 5 et 6 millions. Une situation qui laisse apparaître un niveau d’offre théoriquement supérieur aux besoins attendus des ménages marocains.
Malgré cette disponibilité importante du bétail, les prix demeurent sous pression en raison de la forte hausse des coûts de l’alimentation animale, qui représentent désormais entre 70 et 80 % des charges supportées par les éleveurs. Le prix du kilogramme d’aliments pour bétail est ainsi passé d’environ 3 dirhams avant la pandémie de Covid-19 à près de 7 dirhams actuellement.
À cette hausse des coûts de production s’ajoute le rôle des intermédiaires, considéré comme un facteur aggravant des déséquilibres du marché. Les professionnels soulignent qu’un même mouton peut passer entre les mains de plusieurs revendeurs avant d’atteindre le consommateur final, ce qui contribue à alourdir les marges commerciales. Certains intermédiaires pourraient ainsi réaliser jusqu’à 1.000 dirhams de bénéfice par tête.
Face à cette situation, les experts recommandent aux consommateurs de se référer principalement au prix du kilogramme vif, généralement compris entre 80 et 90 dirhams selon la race et la région, afin d’éviter les prix jugés excessifs.
Les ménages doivent également composer avec la flambée des prix du charbon de bois, dont le tarif est passé dans certains marchés d’environ 7 dirhams à entre 15 et 20 dirhams le kilogramme, alimentant les appels à un renforcement du contrôle contre la spéculation et les dérives des circuits de distribution.
Sur le plan sanitaire, les spécialistes insistent enfin sur la nécessité de vérifier attentivement l’état de santé de l’animal avant l’achat, notamment sa mobilité, sa respiration, l’état de son système digestif ainsi que l’absence de signes de maladie, tout en veillant à lui assurer de bonnes conditions de repos, d’alimentation et d’hydratation après son acquisition.






