Le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Saadi, a déclenché une vague d’indignation généralisée. En cause : son choix, lors d’une visite officielle en Grèce, d’offrir à un moine grec un crucifix en bois issu de l’artisanat marocain. Une démarche qualifiée par plusieurs observateurs de « provocation symbolique » et de « faux pas politique », révélant l’ampleur du tâtonnement au sein de certaines composantes du gouvernement.
Les critiques estiment que cet incident reflète ce qu’ils qualifient de « mépris pour l’identité des Marocains et leurs constantes religieuses ». Ils soulignent que la promotion des valeurs de « tolérance et de coexistence » ne justifie pas d’offrir des symboles religieux en contradiction avec la foi de la société marocaine musulmane, d’autant plus dans le cadre d’une représentation officielle de l’État.
De nombreuses publications indignées sur les réseaux sociaux ont rappelé que les Marocains « ne sont pas hostiles aux autres religions et ne refusent pas le dialogue des civilisations », mais qu’ils rejettent ce qu’ils considèrent comme une « normalisation gratuite avec des symboles religieux étrangers à l’identité du pays ».
Des analystes ont fait remarquer que le responsable gouvernemental aurait pu choisir un présent reflétant la richesse du patrimoine et de l’artisanat marocains sans engager l’institution officielle dans une polémique religieuse et politique malavisée, d’autant que cette visite revêtait un caractère économique et diplomatique, déconnecté de toute symbolique doctrinale.
D’autres considèrent que la répétition de tels comportements creuse la crise de confiance entre les citoyens et la classe politique. Cela renforce, selon eux, l’impression que certains responsables sont désormais déconnectés des sensibilités et des valeurs de la société, privilégiant la « mise en scène de la coexistence », quitte à ce que cela se fasse au détriment des constantes nationales et religieuses.
Au cœur de la polémique, l’ancien ministre Khalid Samadi est monté au créneau, estimant que cet incident soulève des « questions inquiétantes » sur les limites de l’action au nom de l’État marocain lorsqu’il s’agit de questions liées à la religion et à l’identité civilisationnelle du Royaume.
M. Samadi a rappelé que le Maroc est « un État fondé sur le dogme du monothéisme (Tawhid), présidé par le Commandeur des Croyants, et que la Constitution stipule clairement que l’Islam est la religion officielle de l’État ». Il a ajouté que « distribuer un crucifix au nom des Marocains musulmans lors d’une visite officielle constitue un précédent choquant pour l’opinion publique ».
Il a également insisté sur le fait que les Marocains croient en Jésus-Christ comme prophète et messager, « et non selon le dogme de la Trinité ou de la Crucifixion », affirmant que la croix « n’a jamais été un symbole de l’histoire ou de la civilisation du Maroc pour qu’elle soit offerte au nom de l’État marocain ».
Enfin, M. Samadi s’est demandé si cet acte traduisait une « conviction personnelle » du responsable gouvernemental ou s’il s’agissait du résultat d’une « ignorance de la sensibilité des protocoles officiels et des constantes religieuses du Royaume ». Il a ainsi appelé le gouvernement à fournir des clarifications officielles sur ce qu’il a qualifié de « faute grave » ainsi que sur ses répercussions symboliques et politiques.






