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Un rapport américain présente le Maroc comme une puissance régionale émergente

Un récent rapport affirme que le Maroc est entré en 2026 dans la catégorie des « puissances moyennes émergentes », occupant désormais une position stratégique au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et des espaces atlantique et méditerranéen, grâce aux profondes transformations économiques, industrielles et diplomatiques qu’a connues le Royaume ces dernières années.

Réalisé par le Stimson Center, l’un des principaux think tanks américains spécialisés dans les questions de sécurité internationale et de politique étrangère, le rapport estime que le Maroc est progressivement passé du statut de plateforme industrielle à faible coût à celui de hub industriel de haute technologie et de leader régional dans les secteurs de l’automobile, des énergies renouvelables et des minerais stratégiques.

Le document souligne également que le Royaume n’est plus perçu uniquement comme un « État tampon » chargé de gérer les flux migratoires vers l’Europe, mais comme un acteur régional proactif exploitant sa position géographique pour renforcer son influence économique et diplomatique ainsi que la coopération sécuritaire et commerciale entre les continents.

Le rapport insiste notamment sur le rôle central de l’industrie automobile, devenue le premier secteur exportateur du pays après que la production marocaine a dépassé le million de véhicules par an, faisant du Maroc le premier constructeur automobile du continent africain devant l’Afrique du Sud. Cette dynamique est portée par les investissements de groupes internationaux tels que Renault et Stellantis.

Le rapport met également en avant le renforcement de la position mondiale du Maroc dans le secteur des phosphates et des engrais, grâce à OCP Group, qui contrôle près de 70 % des réserves mondiales de phosphate. Le groupe aurait progressivement évolué d’un simple exportateur de matières premières vers un acteur majeur de la transformation industrielle et de la production d’engrais à forte valeur ajoutée.

Le document souligne aussi l’ambition du Royaume dans la transition vers une économie verte, à travers le développement massif de projets solaires, éoliens et liés à l’hydrogène vert. Le Maroc vise ainsi à porter la part des énergies renouvelables à 56 % de sa capacité électrique d’ici 2030.

Le complexe solaire Noor Ouarzazate est notamment présenté comme l’un des plus grands projets d’énergie solaire concentrée au monde, tandis que Rabat ambitionne de devenir un fournisseur majeur d’hydrogène vert vers les marchés européens.

Sur le plan industriel, le rapport considère également le Maroc comme un futur centre régional de production de batteries pour véhicules électriques, profitant à la fois de ses réserves de cobalt et de phosphate et des importants investissements chinois réalisés dans ce domaine.

Le think tank américain estime par ailleurs que la position géographique du Royaume et ses accords commerciaux avec l’Union européenne et les États-Unis en font une destination privilégiée dans le cadre des stratégies de « nearshoring », à l’heure où de nombreuses entreprises occidentales cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement chinoises.

Le rapport relève toutefois plusieurs défis structurels majeurs, notamment un taux de chômage des jeunes dépassant 35 % dans les zones urbaines, l’ampleur persistante de l’économie informelle ainsi que les disparités sociales et territoriales.

Il met également en garde contre la rareté de l’eau, considérée comme l’une des principales menaces futures pour le Royaume, alors que les ressources hydriques par habitant ont fortement diminué au cours des dernières décennies, plaçant le Maroc parmi les pays les plus exposés au stress hydrique dans le monde.

Sur le plan diplomatique, le rapport considère la question du Sahara comme le principal axe de la politique étrangère marocaine, rappelant que la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020 a constitué un « tournant stratégique » dans l’évolution du dossier.

Le document ajoute que la résolution du Conseil de sécurité de 2025 mettant l’accent sur l’initiative marocaine d’autonomie a offert à Rabat un nouveau gain diplomatique, malgré la persistance des tensions avec l’Algérie et la fermeture continue des frontières entre les deux pays.

Le rapport conclut enfin que le Maroc se trouve aujourd’hui à « un moment décisif », où sa capacité à créer des emplois, gérer la crise hydrique et instaurer une croissance plus inclusive déterminera si le Royaume peut transformer son dynamisme économique et diplomatique en une puissance régionale durable et stable.

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