Le dossier des agents de sécurité privée commence à peser lourd sur les plans économique et social. C’est le constat dressé par Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi et des Compétences, qui estime que l’expansion de ce secteur s’est transformée en un véritable phénomène de société. Pour lui, il y a urgence à intervenir pour protéger ces travailleurs et revaloriser leur quotidien.
Ce lundi, lors du vote à la Chambre des conseillers d’un projet de loi visant à compléter le Code du travail (le texte n° 032.26), le ministre a pointé du doigt un certain relâchement. Selon lui, de nombreux acteurs de la gestion déléguée et des marchés publics ont fini par oublier le côté humain. Ils négligent le bien-être social et professionnel de ces agents, alors même que ces derniers sont indispensables au bon fonctionnement de nos institutions et de nos entreprises.
Younes Sekkouri a précisé que le gouvernement avait déjà entamé des discussions avec les partenaires économiques et sociaux pour trouver des issues concrètes. Car le problème va bien au-delà de la simple fiche de paie : il touche aux conditions de travail de tous les jours. Le ministre a d’ailleurs partagé une réalité marquante : certains agents enchaînent des heures interminables dans des conditions si rudes que leur seule et unique revendication est parfois d’avoir une simple chaise pour pouvoir s’asseoir après une journée entière debout.
Pour redresser la barre, le ministère s’apprête à lancer une nouvelle feuille de route basée sur trois piliers : l’encadrement, le contrôle et l’accompagnement. Cela passera notamment par la mise en place de nouveaux cahiers des charges, pensés sur mesure pour ce secteur.
Un calendrier a également été annoncé : une journée d’étude sera organisée dès le mois de juillet prochain pour faire émerger des propositions concrètes. Ces travaux déboucheront sur une circulaire ministérielle qui fixera des directives claires pour appliquer ces réformes.
Enfin, le ministre a insisté sur le fait que chaque future mesure collera au plus près des réalités du terrain. L’idée n’est pas d’accumuler de nouvelles lois pour le plaisir de légiférer, mais de s’assurer qu’elles soient applicables et qu’elles changent enfin la donne pour les agents de sécurité privée.






