Le Maroc a participé aux travaux de la 16ᵉ édition du Salon international des arts traditionnels ainsi qu’au 14ᵉ Forum international de Shanghai pour la protection du patrimoine culturel immatériel, organisés dans la ville chinoise de Shanghai jeudi et vendredi. Le Salon international des arts traditionnels, tenu au Musée des collections artistiques de Shanghai sous le thème « Patrimoine régional, renouveau mondial », a réuni des artistes de plus de 70 pays.
Il a été intégré au projet « Shanghai, culture et arts culinaires », placé sous la supervision de la municipalité de Shanghai. La délégation marocaine était conduite par l’artiste peintre Asmae Rachdi, présidente de l’association « Art et Voyage », avec le soutien et l’accompagnement de l’ambassade du Royaume du Maroc en Chine.
Elle comprenait également plusieurs artistes aux pratiques variées, allant de la calligraphie aux arts artisanaux, en passant par la peinture et la sculpture. Ont été exposées les œuvres de Mohamed Blalaoui, Yahya Mokhtar et Oussama Mahassin, présents à Shanghai, ainsi que celles de Abdelhak Selim, Asmae Rachdi, Mohamed Rihouy, Moulay Ali Idrissi et Hachem Amzil.
L’association « Art et Voyage » a pris en charge les aspects logistiques liés au transport des œuvres entre le Maroc et la Chine, tandis que le Musée des collections artistiques de Shanghai a assuré les autres aspects organisationnels de l’exposition. Par ailleurs, Kalthoum Lghadich, spécialiste des études chinoises et présidente de l’association « Pont Maroc–Chine », a dirigé la mission officielle chargée de la sélection des artistes et des œuvres représentant le Maroc et l’Afrique dans le cadre de l’exposition.
Le Salon international des arts traditionnels s’est tenu en parallèle avec la 14ᵉ édition du Forum international de Shanghai pour la protection du patrimoine culturel immatériel, réunissant environ 150 participants représentant des gouvernements, des experts, des universitaires, des musées et des institutions artistiques. Les travaux du forum, organisé au Centre national des expositions et des congrès sous le thème « Patrimoine et avenir », ont porté sur plusieurs enjeux majeurs, notamment la contribution de l’intelligence artificielle et des outils numériques à la sauvegarde du patrimoine, l’intégration des traditions dans les systèmes éducatifs nationaux, ainsi que la valorisation du patrimoine immatériel en tant que ressource touristique et économique.
Dans son intervention à cette occasion, Kalthoum Lghadich a mis en avant la richesse du patrimoine culturel immatériel marocain ainsi que les politiques mises en œuvre par le Royaume pour en assurer la transmission aux générations futures. Elle a rappelé que 11 éléments marocains ont été inscrits sur les listes de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), parmi lesquels la place Jamaâ El-Fna, le Moussem de Tan-Tan, le caftan marocain, ainsi que la musique gnaoua, le couscous, la Tbourida et l’art du malhoun.
Elle a également souligné les défis auxquels ce patrimoine est confronté, notamment la mondialisation et son impact sur le lien des jeunes avec les traditions locales, la dimension commerciale susceptible de vider certaines pratiques de leur charge symbolique, ainsi que la faiblesse de la documentation et la fragilité de certains cadres institutionnels.
De son côté, Asmae Rachdi a insisté sur l’importance de la complémentarité entre technologie, art et tourisme en tant que leviers indissociables pour la préservation du patrimoine vivant, présentant un modèle combinant œuvres artistiques et codes QR permettant aux visiteurs d’accéder à des contenus audio, musicaux et historiques liés aux œuvres exposées.
Elle a évoqué notamment l’exemple de la place Jamaâ El-Fna à Marrakech, qui connaît une réduction des espaces traditionnels de « halqa » sous la pression des activités commerciales, ainsi qu’un déclin du nombre de grands conteurs et un éloignement progressif des jeunes générations de certaines pratiques patrimoniales.
Face à ces défis, Mme Rachdi a appelé au développement de partenariats culturels internationaux, mettant en avant les relations maroco-chinoises, estimant que la combinaison de la technologie, de l’art et du tourisme constitue la voie la plus appropriée pour faire du patrimoine un levier d’avenir plutôt qu’un simple héritage figé.






