Le roi Mohammed VI a présidé, mercredi 4 novembre, au Palais royal de Rabat, une séance de travail consacrée au suivi de la période qui s’ouvre après la fin de la mission de la MINURSO, le Conseil de sécurité n’ayant pas renouvelé son mandat lors de sa réunion du 30 octobre. Selon le communiqué du Cabinet royal, cette séance s’inscrit dans le souci constant et souverain du Souverain de piloter le dossier de l’intégrité territoriale et de veiller aux intérêts des habitants des provinces du Sud, en accompagnant les évolutions dans la région. Elle suscite des interrogations sur la portée stratégique de cette nouvelle voie et sur les dimensions du changement dans l’approche royale et onusienne du dossier.
Dans ce contexte, le Dr Ismaïl Hammoudi, professeur de sciences politiques, a affirmé que le communiqué du Cabinet royal du 4 novembre est le prolongement et le complément de celui du 30 octobre.
Invité d’une émission spéciale de Belpresse consacrée à l’analyse du contenu du communiqué royal, M. Hammoudi a expliqué que le premier communiqué est intervenu juste après l’échec du Conseil de sécurité à adopter une nouvelle résolution sur le Sahara. Le Maroc avait alors le choix entre continuer à ménager ses alliés ou entrer dans une phase de gel du conflit, marquée par une forme d’immobilisme.
Selon lui, cette nouvelle étape rompt avec l’immobilisme dans lequel certaines parties ont cherché à entraîner le Conseil de sécurité. Il a rappelé que, le 30 octobre, était sur la table un projet américain visant à modifier la fonction de l’ONU à travers la MINURSO, à instaurer une nouvelle référence pour la gestion du conflit fondée sur l’autonomie comme référence unique, et à charger l’agence des réfugiés de recenser les habitants des camps.
M. Hammoudi a relevé que la deuxième option était un projet russe qui ramenait le dossier à la case départ et prolongeait l’ambiguïté entre l’autonomie et les autres thèses. Le Maroc, lui, a choisi une troisième voie, singulière : considérer la non-prorogation de la MINURSO comme la déclaration d’échec de l’option et du cadre onusiens adoptés depuis 1991.
Il a conclu que le Royaume a préféré rompre totalement avec cette trajectoire et bâtir une nouvelle équation, un nouveau cadre de gestion du différend, ce qui ressort clairement et de manière cohérente du contenu des deux communiqués royaux des 30 octobre et 4 novembre.
Sahara : Hammoudi voit dans les communiqués royaux une rupture avec le cadre onusien de 1991






