Un rapport récent met en lumière un défi structurel majeur auquel est confrontée la scène politique marocaine à l’approche des élections de 2026 : la faible mobilisation des électeurs. Le Royaume est ainsi classé dans la catégorie de « performance moyenne » par l’Indice mondial de la démocratie 2025, publié par l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (International IDEA).
Le document souligne une paradoxe frappant : si le Maroc obtient un score élevé en matière de garantie du droit de vote, il enregistre en revanche une participation électorale très faible, conjuguée à des résultats médiocres dans la lutte contre la corruption.
L’Indice attribue au Maroc une note de 0,89 pour le suffrage universel, mais ce chiffre est contrebalancé par de faibles performances dans la catégorie « absence de corruption » (0,38) et « participation électorale » (0,36). La démocratie locale constitue le point le plus préoccupant, avec un score quasi nul (0,08), révélant le manque d’autonomie et de pouvoir effectif des instances élues au niveau local et régional.
Sur le plan du représentatif, le Maroc se situe à la 107ᵉ place mondiale avec un indice de 0,432, loin derrière des pays africains comme le Cap-Vert (34ᵉ), l’Afrique du Sud (43ᵉ) ou le Ghana (48ᵉ). Dans le monde arabe, il occupe la quatrième position, derrière l’Irak, la Jordanie et le Liban.
Le rapport analyse également les performances institutionnelles : la crédibilité des élections obtient 0,45, la liberté des partis 0,48, l’efficacité du Parlement 0,57, et celle du gouvernement élu 0,57.
Concernant les droits fondamentaux, le Maroc se classe 77ᵉ mondial, avec un score de 0,57 pour l’accès à la justice, 0,55 pour la protection sociale de base et 0,49 pour les libertés civiles (presse, expression, association, réunion). En matière d’égalité politique, les résultats demeurent moyens : 0,46 pour l’égalité de genre, 0,45 pour l’égalité économique, 0,47 pour l’égalité entre groupes sociaux.
Dans la catégorie État de droit, le Maroc est 103ᵉ mondial : sécurité personnelle (0,51), indépendance judiciaire (0,46), application prévisible du droit (0,41) et lutte contre la corruption (0,38).
Enfin, si la participation électorale reste faible (0,36), la participation civique atteint 0,58 et la vitalité de la société civile 0,55, plaçant le Royaume dans une zone de performance intermédiaire.
L’International IDEA alerte sur une tendance mondiale inquiétante : l’année 2024 a enregistré le plus fort recul des libertés depuis 1975, particulièrement dans le domaine de la liberté de la presse (en baisse dans 43 pays, soit près d’un quart des États étudiés), suivie par la liberté d’expression, l’égalité économique et l’accès à la justice.






