Le Parti de la justice et du développement (PJD) semble être entré dans une phase politique et organisationnelle délicate à l’approche des prochaines échéances législatives. Cette période est marquée par l’intensification des actions sur le terrain de son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, à travers des tournées organisationnelles ayant couvert plusieurs régions du Royaume, parallèlement au lancement par la commission électorale du processus d’ajustement des listes de candidature et de nomination des têtes de liste.
Cependant, cette dynamique électorale, qui table sur la reconquête d’une position avancée sur la scène politique, se heurte à des signes de tensions internes qui commencent à faire surface au sein de l’organisation. Cela place la direction du parti face au défi de contenir un mécontentement croissant, principalement lié au dossier des investitures.
Selon des données internes au parti, plusieurs composantes, notamment au sein de l’organisation « Les Femmes de la Justice et du Développement », ont exprimé un mécontentement grandissant suite à l’annonce de certaines candidatures pour les prochaines échéances, au milieu d’une polémique sur les critères de sélection et le degré de respect des procédures des commissions locales et régionales.
Ces mêmes données indiquent que cette controverse a pris une dimension plus large au sein du parti. Des militantes ont ainsi exprimé leur rejet de ce qu’elles considèrent comme un « contournement » des choix des bases organisationnelles, au profit de l’adoption de noms jugés imposés d’en haut ou liés à des considérations étrangères au parcours militant et organisationnel.
Dans la région de Casablanca, un débat vif a éclaté suite à l’investiture de Fatima Ouchay. Des sources indiquent que son nom ne figurait pas parmi les principales propositions soumises par les structures locales, ce qui a soulevé des questions sur le mécanisme de décision finale concernant les candidatures. Le débat s’est également étendu à la région de Rabat, face à la persistance des discussions sur la nature des critères adoptés dans la gestion des listes d’investiture.
Dans un autre cas, l’investiture de Hind Beki, au détriment de la coordinatrice régionale de l’organisation des femmes du parti, a suscité une vague de réserves internes. Celles-ci ont été perçues par certaines voix du parti comme le signe d’un recul de la logique de progression organisationnelle au profit d’autres considérations.
Dans la région du Nord, l’investiture d’une candidate issue des Marocains du monde a suscité un débat similaire, d’autant plus que des figures locales aspiraient à la priorité de candidature en raison de leur présence au sein de la structure organisationnelle de la région.
Par ailleurs, des réactions de colère ont été enregistrées dans l’une des régions du Sud après l’investiture de Hadja Rguibi. Des questions internes ont été soulevées quant aux critères adoptés pour le choix des candidates, alors que des discussions évoquent l’interférence de considérations non militantes, telles que la visibilité médiatique ou les calculs électoraux, dans la sélection de certains noms.
Cette controverse remet au premier plan un vieux débat au sein du PJD concernant la gestion du dossier des investitures, et la tentative de concilier, d’une part, les exigences de la compétition électorale et, d’autre part, le principe de légitimité organisationnelle et de démocratie interne, dans un contexte où la pression s’accentue à l’approche du scrutin.






