Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD) et ancien chef du gouvernement, s’est exprimé au sujet des récents événements survenus dans le Nord du Royaume et de la tentative de migration massive de milliers de jeunes vers l’enclave occupée de Sebta. Qualifiant ces incidents de « blessure non encore cicatrisée », il a appelé à faire toute la lumière sur la vérité et à identifier les parties qui en sont à l’origine.
Lors d’une intervention diffusée sur sa page officielle Facebook, Benkirane s’est dit particulièrement interpellé par la concomitance de ces événements avec les célébrations de la Fête du Trône, soulignant que cet afflux massif s’est produit le jour même des festivités et à proximité du lieu qui les abritait.
Insistant sur la nécessité de révéler les détails de cette affaire, le leader du PJD s’est interrogé : « Que s’est-il passé ? Qui a orchestré cela ? », évoquant la possibilité d’une implication interne ou externe et affirmant attendre toujours des réponses claires sur les circonstances exactes.
L’ancien chef du gouvernement a également exprimé son regret face à ce qu’il a décrit comme « une disposition massive à quitter la patrie », estimant que la pauvreté ne saurait expliquer à elle seule ce phénomène, la précarité et le manque de perspectives n’étant pas nouveaux au Maroc.
Il a relié cette situation à l’érosion de la confiance de la jeunesse envers plusieurs institutions, citant notamment les dossiers de l’éducation, de la santé, de l’emploi, ainsi que les débats autour des conflits d’intérêts, de la concurrence et de la cherté de la vie. Selon lui, face à ces dysfonctionnements, le jeune Marocain peut en arriver à voir l’avenir « assombri », ne percevant la migration vers l’Europe que comme l’unique issue face à l’impasse.
Dans ce contexte, Abdelilah Benkirane a appelé à assumer la responsabilité politique de cette situation : « Je considère M. Aziz Akhannouch et son gouvernement responsables de cet état de fait », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il n’accuse pas le chef du gouvernement d’avoir personnellement orchestré ces événements de fuite.
Enfin, le secrétaire général du PJD a vivement critiqué l’action gouvernementale en matière de dialogue, de communication et de gestion des crises, estimant que la persistance de ce climat contredit la prétention du gouvernement à se poser en recours capable de résoudre les défis actuels.






