Le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a fermement recadré la posture stratégique de sa formation quant aux alliances ministérielles à venir. S’exprimant à l’ouverture de la session extraordinaire du Conseil national du parti, ce samedi 26 septembre 2026 à Bouznika, le leader islamiste a déclaré que l’écrasante majorité des cadres rejetait catégoriquement toute participation à un gouvernement dirigé par le Parti Authenticité et Modernité (PAM). Bien que l’arbitrage formel doive être rendu à la clôture des délibérations du Conseil national, Benkirane a réaffirmé que la vocation naturelle du PJD demeurait l’exercice d’une opposition ferme et constructive.
Analysant les résultats du scrutin du 23 septembre, où le PJD a réalisé une percée remarquée en obtenant 54 sièges — contre 13 lors des législatives de 2021 —, le secrétaire général s’est félicité de ce qu’il qualifie de « grand succès pour la nation », estimant que le parti a restauré sa crédibilité auprès de l’opinion publique. Il a néanmoins exhorté la base militante à un examen de conscience rigoureux et au refus du victimaire, concédant que le passage à vide traversé par le parti résultait également d’erreurs politiques internes.
Benkirane s’est montré particulièrement critique à l’égard des pratiques électorales de ses adversaires politiques, déplorant la prépondérance de la notoriété financière et du patronage local au détriment de la confrontation d’idées et de programmes politiques. S’interrogeant ouvertement sur la légitimité politique et la ligne de conduite du PAM, arrivé en tête du scrutin, il a également adressé ses félicitations à l’Alliance de la Gauche pour ses 8 sièges obtenus, saluant la ténacité de ces rivaux historiques.
Enfin, sur la conduite du scrutin, le chef du PJD a salué la neutralité et la fluidité des canaux de communication maintenus par le ministère de l’Intérieur durant l’ensemble du processus. Fort de ce capital parlementaire reconstitué et d’un ancrage urbain confirmé, le PJD entend s’imposer comme le fer de lance de l’opposition parlementaire tout en engageant la préparation des élections communales prévues en 2027.






