La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a rejeté les appels à sa démission liés au retard dans la réforme des systèmes de retraite, affirmant sa détermination à poursuivre ce chantier structurant, malgré la complexité du dossier et l’imbrication de ses dimensions financières et sociales.
S’exprimant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, elle a assuré, en réponse à une intervention de la députée Fatima Zahra Bata, que l’option de la démission était exclue. « Je ne démissionnerai pas », a-t-elle déclaré, soulignant que la complexité du dossier est en partie héritée de la précédente législature dirigée par le Parti de la justice et du développement.
La ministre a insisté sur le fait que le gouvernement travaille en concertation avec les partenaires sociaux, précisant que les discussions se font « caisse par caisse », dans le but d’élaborer une vision globale et cohérente de la réforme.
Elle a également indiqué que toute solution sera soumise à un débat institutionnel, reconnaissant qu’elle pourrait susciter des réserves, notamment de la part de l’opposition.
Nadia Fettah a par ailleurs défendu une approche technique et fondée sur les données financières, estimant que la sensibilité du dossier impose une gestion rigoureuse des équilibres des caisses de retraite. Elle a néanmoins rappelé que cette approche n’exclut pas la dimension politique de la responsabilité gouvernementale.
Réaffirmant son engagement, la ministre a conclu : « Je ne démissionnerai pas et je continuerai à travailler jusqu’au dernier jour de cette législature. »
L’opposition dénonce un retard préoccupant
Cette prise de position intervient après une intervention critique de la députée Fatima Zahra Bata, qui a dénoncé le retard accumulé dans la réforme des retraites, rappelant que ce chantier avait été présenté comme prioritaire dès 2023, avant d’être qualifié de dossier complexe et politiquement sensible.
La parlementaire a interrogé le gouvernement sur l’absence de progrès concernant les différents régimes, notamment le Régime marocain des retraites et les systèmes complémentaires, ainsi que sur le dossier de l’indemnité pour perte d’emploi.
Elle a également alerté sur la dégradation du niveau de vie des retraités et sur la situation financière préoccupante des caisses de retraite, estimant que leur viabilité pourrait être menacée à moyen terme.
Critiquant ce qu’elle considère comme un manque de mesures concrètes, la députée a appelé le gouvernement à assumer sa responsabilité politique, allant jusqu’à évoquer la nécessité d’une démission en cas d’échec, une option que la ministre a fermement rejetée.






