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Carburants au Maroc : L’Istiqlal choisit le plafonnement des profits plutôt que des prix

Le dossier des prix des carburants est revenu au cœur du débat politique et économique au Maroc, après le rejet par la Chambre des conseillers de propositions de loi visant le plafonnement des prix et la nationalisation des actifs de la Samir. Ce positionnement relance la question de l’équilibre entre la protection du pouvoir d’achat et la stabilité des finances publiques.

Face aux accusations de contradiction portées contre le Parti de l’Istiqlal pour avoir rejeté ces mesures, l’analyste économique Ayoub Machmoum dénonce une confusion délibérée entre deux concepts : le plafonnement des prix et le plafonnement des profits. Selon lui, l’Istiqlal ne s’oppose pas à la baisse des prix, mais refuse un mécanisme de subvention publique (via la Caisse de compensation) qui obligerait le Trésor à payer la différence aux compagnies pétrolières. Dans un tel scénario, l’État financerait indirectement les profits des distributeurs avec l’argent des contribuables, au détriment de secteurs vitaux comme la santé ou l’éducation. À titre d’exemple, si un litre à 14 dirhams était plafonné à 10 dirhams, le citoyen paierait certes moins à la pompe, mais l’État verserait 4 dirhams de fonds publics aux entreprises, garantissant ainsi la totalité de leurs gains.

À l’inverse, l’approche défendue par le parti repose sur le plafonnement des profits. Face aux bénéfices excessifs générés par le manque de concurrence, cette solution consiste à encadrer les marges bénéficiaires pour protéger le consommateur, tout en luttant contre les monopoles et la spéculation, sans peser sur le budget de l’État. Pour l’analyste, le choix se situe entre subventionner temporairement les prix avec l’argent public ou s’attaquer durablement aux profits injustifiés en responsabilisant les opérateurs.

L’Istiqlal maintient donc son refus d’un retour aux subventions globales, jugées inefficaces et profitant davantage aux classes aisées qu’aux plus démunis. Le parti préconise plutôt d’orienter les ressources publiques vers la protection sociale et des aides directes aux familles vulnérables. Ce positionnement lors du dernier vote ne traduit pas un désintérêt pour le pouvoir d’achat, mais procède d’une vision économique responsable. Pour le parti, l’enjeu majeur n’est pas la baisse des prix en soi, mais la mise en place d’un mécanisme durable qui assainit le marché des carburants, stimule une concurrence réelle et préserve les deniers publics de tout épuisement injustifié.

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