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Parlement : Coup de gueule des députés face aux ministres absents

L’absence répétée de plusieurs ministres aux travaux de la Chambre des représentants, à quelques jours seulement de la clôture de la deuxième session de l’année législative 2025-2026, a suscité une vague de critiques de la part des parlementaires. Les députés reprochent notamment au gouvernement d’avoir délégué le débat à des secrétaires d’État plutôt qu’aux ministres de tutelle.

La séance plénière de ce lundi a ainsi été marquée par une forte présence des secrétaires d’État, contrastant avec l’absence des ministres en charge de secteurs vitaux tels que le Tourisme, l’Agriculture, ou encore l’Industrie et le Commerce, provoquant le mécontentement de plusieurs élus.

Dès l’ouverture de la séance, Driss Sentissi, président du groupe MP (Mouvement Populaire), a soulevé une motion d’ordre. Rappelant que la session législative et la mandature actuelle touchent à leur fin, il a estimé que la période exigeait une présence gouvernementale responsable et une interaction directe avec l’institution législative.

M. Sentissi a fustigé ce qu’il a qualifié d’« engorgement » de la Chambre par des projets de loi examinés à la hâte en fin de session, affirmant que les débats et les votes se déroulaient sous une forte pression temporelle. Il a également ciblé certains ministres, leur reprochant d’avoir attendu « la quatre-vingt-dixième minute » pour soumettre leurs textes au Parlement.

De son côté, la députée du groupe Authenticité et Modernité (PAM), Najwa Koukouss, s’est interrogée sur le sort du rapport du groupe de travail thématique sur l’égalité et la parité. Elle a jugé le retard de sa publication injustifié, exigeant des clarifications.

Mme Koukouss a rappelé que ce rapport constitue le premier travail du genre réalisé par consensus au sein d’un groupe thématique depuis la Constitution de 2011, salué par des partenaires nationaux et internationaux. Selon elle, ce report persistant démontre le manque de priorité accordé aux questions féminines au sein de l’institution et des politiques publiques, appelant à redonner au travail de contrôle et législatif du Parlement la place qu’il mérite.

Dans la même veine, Naima Fethaoui, députée du groupe Justice et Développement (PJD), a regretté l’absence de programmation pour le débat autour du rapport final de la mission d’information temporaire sur les carrières de sable et de marbre, bien que ses travaux et ses visites de terrain soient achevés.

Elle a souligné que ce document contient des conclusions majeures et aurait dû être présenté en plénière, en présence des ministres concernés, afin de garantir le suivi de ses recommandations. Elle a estimé que laisser ce rapport « au placard » vidait la mission de contrôle du Parlement de sa substance.

Nabila Mounib, députée du Parti Socialiste Unifié (PSU), a quant à elle déploré l’absence à l’ordre du jour de plusieurs propositions de loi soumises par l’opposition. En tête de liste : le projet de loi d’amnistie générale pour les détenus du Hirak du Rif et des jeunes de la « Génération Z », ainsi qu’une proposition de loi relative aux conflits d’intérêts. Cette dernière revêt, selon elle, une importance cruciale à l’approche des prochaines échéances électorales pour ancrer les règles d’intégrité et de transparence.

Par ailleurs, Loubna Sghiri, députée du groupe Progrès et Socialisme (PPS), a réclamé le report du vote sur le projet de loi n° 66.23 relatif à la profession d’avocat, estimant que le rythme accéléré de son examen contrastait avec le report d’autres textes tout aussi importants.

Mme Sghiri a annoncé que son groupe avait entamé la collecte des signatures de dix membres de la Chambre pour activer l’article 204 du règlement intérieur, afin de renvoyer le texte pour un second examen devant la Commission de justice et de législation. Elle a demandé le retrait du texte de la séance plénière en attendant d’atteindre le quorum de signatures requis.

En réponse à ces critiques, le vice-président de la Chambre des représentants, Mohamed Sabbari, qui présidait la séance, a formellement démenti toute intention délibérée du bureau ou de la présidence de retarder le rapport sur l’égalité et la parité.

M. Sabbari a précisé que quatre rapports de groupes de travail thématiques étaient prêts : celui sur l’intelligence artificielle (perspectives et impacts), les mesures de contrôle des prix des produits de grande consommation, l’égalité et la parité, ainsi que l’évaluation de la stratégie nationale du sport. À cela s’ajoutent deux rapports de missions d’information concernant les carrières de sable et de marbre, et la Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM).

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