Devant les deux Chambres réunies pour l’ouverture de la première session de la 12ᵉ Législature, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a prononcé un discours d’orientation particulièrement incisif. Entre rappels à l’ordre éthiques, cap économique ambitieux et fermeté diplomatique, le Souverain a tracé la feuille de route d’une mandature qu’il veut décisive.
« Un engagement politique et un contrat moral »
S’adressant directement aux parlementaires au terme de Son allocution, le Roi a tenu à rappeler la nature profonde de leur mission : « Le mandat parlementaire est un engagement politique et un contrat moral qui vous lient aux citoyens », a-t-il souligné, insistant sur la lourdeur de la tâche qui leur incombe. Citant le Saint Coran (« Quiconque viendra avec le bien aura dix fois autant »), le Souverain les a exhortés à se montrer « à la hauteur de cette responsabilité nationale devant Dieu, devant les citoyens et devant l’Histoire ».
Dès le préambule de Son discours, introduit par des versets coraniques et des félicitations adressées aux nouveaux élus, le Roi Mohammed VI a inscrit cette 12ᵉ Législature dans une dynamique charnière. Évoquant une conjoncture « exceptionnelle » et porteuse d’opportunités rares, Il a affiché des attentes élevées pour le tandem parlement-gouvernement : faire du Maroc une « puissance économique émergente et crédible », capable de conjuguer croissance économique, justice sociale et équilibre territorial.
Souveraineté stratégique et priorité à la jeunesse
Rappelant avec émotion Son attachement à la Nation (« Le sentiment le plus cher à mon cœur est ma fierté d’être Marocain »), le Souverain a appelé au lancement d’une nouvelle génération de grandes politiques publiques. Celles-ci devront cibler en priorité les piliers de la souveraineté nationale : sécurité hydrique, énergétique et alimentaire, mais aussi transition numérique, intelligence artificielle et relance industrielle. La constitution de réserves stratégiques d’urgence figure également au rang des chantiers urgents.
S’agissant des jeunes, le Roi a martelé la nécessité de placer leurs aspirations au cœur de l’action publique, à travers une approche globale combinant égalité des chances, formation qualifiante et insertion économique.
Régionalisation et migration : La fin des attentes
Le discours royal n’a pas ménagé les lenteurs administratives. Évoquant la régionalisation avancée et la déconcentration, le Souverain a prévenu que les retards d’exécution ne seraient plus tolérés : « Aucun retard ni aucun atermoiement n’est désormais acceptable dans la mise en œuvre de la Charte de la déconcentration », a-t-il tranché, pointant du doigt l’impact direct de ces freins sur les programmes de développement.
Enfin, abordant le volet migratoire et les relations internationales, le Roi Mohammed VI a réaffirmé l’indépendance de la diplomatie marocaine. Qualifiant le partenariat de « choix souverain », Il a fermement exclu toute forme de « pression, de menace ou de chantage ». Le Maroc entend d’ailleurs soumettre prochainement à ses partenaires une vision stratégique renouvelée, axée sur le développement co-partagé, la compétitivité et la stabilité régionale.





