La page de la gestion gouvernementale semble bel et bien se tourner pour le Rassemblement National des Indépendants (RNI). Réunis ce jeudi soir pour une séance de cadrage à la veille de la rentrée parlementaire, les élus des deux Chambres du « Parti de la Colombe » ont été invités par leur direction à acter une nouvelle réalité politique : l’apprentissage de l’opposition.
Au cours des échanges, le message délivré aux parlementaires s’est voulu clair et pragmatique. Qu’ils siègent sur les bancs de la majorité ou dans les rangs de l’opposition, les élus restent investis de la même responsabilité envers leurs électeurs. Une posture qui traduit la volonté du RNI d’aborder la nouvelle législature avec gravité, tout en prenant acte de son exclusion quasi certaine du futur exécutif.
Écarté du second tour des tractations
Les signaux ne trompent plus. Alors que Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, affine la monture de sa future coalition aux côtés des composantes de la Koutla, le président du RNI, Mohamed Chouki, n’a pas été convié à la deuxième phase des concertations. Une mise à l’écart qui scelle en filigrane le sort du parti sortant.
Une transition sans surenchère : La direction de la Colombe insiste sur une approche mesurée. Le parti refuse d’exercer la moindre pression pour forcer son entrée au gouvernement, préférant attendre l’officialisation de l’équipe ministérielle avant d’officialiser sa posture d’opposant.
Une « opposition responsable » en ligne de mire
L’hypothèse d’un « soutien critique » — formule adoptée par d’autres formations sous la précédente législature — semble écartée par les cadres du RNI. La formation politique privilégie un repositionnement clair dans l’opposition, mais promet d’y exercer un magistère « responsable ».
L’ambition affichée est de défendre le bilan des grands chantiers structurants engagés sous le mandat précédent tout en veillant aux intérêts majeurs du pays.
À la veille de la séance d’ouverture du Parlement, le RNI s’apprête ainsi à opérer un virage stratégique majeur, troquant ses habits de chef de file de la majorité pour ceux d’une opposition vigilante.





