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Tanger : trois lourdes poursuites contre Mounir Lymouri dans l’affaire électorale

L’affaire des bulletins de vote de l’école Al-Qods à Tanger franchit une nouvelle étape judiciaire. Le juge d’instruction près la Cour d’appel de Tanger a retenu trois chefs d’accusation à l’encontre du maire de la ville et dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Mounir Lymouri, dans le cadre de l’enquête ouverte autour du scrutin du 23 septembre 2026.

Les accusations portent sur des faits présumés liés à l’atteinte aux opérations électorales dans le but de modifier ou de tenter de modifier le résultat du scrutin, à la participation à la falsification d’un document public, ainsi qu’à des faits présumés de corruption par offre, promesse ou don en contrepartie de l’accomplissement d’un acte.

Mounir Lymouri a été placé en détention provisoire dans l’attente de la poursuite de l’instruction. Les faits qui lui sont reprochés restent à ce stade des accusations et devront être établis dans le cadre de la procédure judiciaire.

L’affaire avait éclaté à la suite du scrutin législatif du 23 septembre dans la circonscription de Tanger-Assilah, avant que les investigations ne s’élargissent progressivement à plusieurs suspects.

Selon les éléments précédemment communiqués par le procureur général du Roi, deux personnes supplémentaires ont été interpellées après une première série d’investigations concernant cinq suspects. L’enquête porte notamment sur la sortie présumée de bulletins de vote de bureaux de scrutin, leur marquage, puis leur réintroduction.

Les premiers éléments de l’enquête font notamment état de soupçons visant le comptable d’une entreprise, qui aurait apposé le symbole d’un parti politique sur des bulletins de vote à la demande de son employeur. Les personnes concernées auraient été présentes dans un appartement situé au sein d’un établissement hôtelier, en compagnie de deux autres individus et en possession de deux sacs contenant des bulletins.

Des images de vidéosurveillance au cœur de l’enquête
Les enregistrements des caméras de surveillance de l’établissement hôtelier constituent l’un des principaux éléments exploités par les enquêteurs. Selon le parquet, certaines séquences qui auraient été délibérément supprimées ont pu être récupérées.

Les images montreraient plusieurs suspects dans l’appartement, ainsi que la personne soupçonnée d’avoir sorti puis rapporté les bulletins de vote. Une expertise aurait également établi que les deux sacs visibles sur les enregistrements correspondent à ceux retrouvés par la suite dans deux bureaux de vote.

L’exploitation du téléphone de l’un des suspects a, par ailleurs, fait apparaître, selon le parquet, des communications avec deux personnes placées en détention provisoire, effectuées avant et pendant la journée du scrutin.

L’ouverture de l’instruction préparatoire doit désormais permettre d’approfondir ces différents éléments et de déterminer les responsabilités individuelles dans cette affaire.

La détention provisoire de Mounir Lymouri constitue une mesure prise au stade de l’instruction et ne préjuge pas de l’issue de la procédure ni d’une éventuelle condamnation.

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