Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a insisté sur le rôle central du Maroc dans la gestion des flux migratoires irréguliers en direction de Sebta et Melilla, deux villes sous administration espagnole et revendiquées par le Royaume. Intervenant jeudi 22 octobre dans l’émission « La Revuelta », Sánchez a défendu la nécessité de maintenir une relation constructive avec Rabat afin de renforcer le contrôle des frontières et de lutter contre les réseaux de trafic de migrants.
Selon lui, la coopération avec le Maroc constitue un élément essentiel de la politique espagnole de maîtrise des arrivées irrégulières, dans un contexte où la pression migratoire demeure particulièrement forte dans cette zone. Le chef du gouvernement espagnol a également reconnu que la crise migratoire ayant touché Sebta aurait pu être mieux gérée, notamment durant les journées de plus forte tension.
Il a toutefois défendu l’action de son exécutif en mettant en avant les moyens mobilisés depuis cet épisode. Les autorités espagnoles ont ainsi porté à plus de 7.400 le nombre de places d’accueil temporaires disponibles à Sebta. Entre le 10 août et le 20 octobre, plus de 12.700 personnes sont retournées au Maroc, dont 12.142 dans le cadre de retours volontaires, selon les données officielles espagnoles.
Sánchez a également insisté sur la complexité particulière des frontières de Sebta et Melilla, notamment en raison des écarts économiques et sociaux existant entre les deux rives. Le Premier ministre espagnol avait déjà souligné, en septembre, que cette différence de niveau de vie alimentait structurellement la pression migratoire et rendait indispensable, selon lui, le renforcement de la coopération avec le Maroc.
Sur le traitement des migrants, Madrid défend parallèlement une approche individualisée des dossiers. Le gouvernement espagnol rappelle que les procédures de retour, d’expulsion ou de protection internationale doivent respecter les garanties prévues par les législations espagnole et européenne et qu’aucune mesure générale ne peut se substituer à l’examen individuel de chaque situation.
Les déclarations de Sánchez confirment ainsi la place stratégique qu’occupe la coopération migratoire dans les relations entre Madrid et Rabat.
Au-delà de la surveillance des frontières, l’Espagne considère désormais la coordination avec le Maroc comme un élément indispensable pour contenir les arrivées, lutter contre les réseaux de passeurs et gérer les conséquences humanitaires des crises migratoires autour de Sebta et Melilla.






