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Réforme des taxis : l’Intérieur secoue le secteur et met sous pression le lobby des agréments

Le secteur des taxis au Maroc connaît une mutation majeure, à la suite de l’annonce par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, d’un ensemble de réformes structurelles visant à reconfigurer en profondeur la profession et à mettre fin à ses dysfonctionnements persistants.

Ces réformes, inscrites dans le cadre d’une stratégie gouvernementale intégrée, reposent sur la professionnalisation du secteur, la généralisation de la protection sociale, ainsi que la numérisation des autorisations, en adéquation avec les exigences de modernisation et d’amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens.

Répondant à une question parlementaire, le ministre a indiqué que les autorités locales ont d’ores et déjà entamé la mise en œuvre d’une feuille de route, élaborée en concertation avec les syndicats professionnels, ayant permis d’actualiser le cadre réglementaire et de définir de nouvelles conditions relatives aux véhicules et au comportement des chauffeurs.

Cette orientation vise à mettre un terme aux pratiques informelles qui ont longtemps terni l’image du secteur, et à instaurer des normes plus rigoureuses garantissant un service de transport urbain digne et fiable.

Parmi les principaux axes de la réforme figure la réorganisation des relations contractuelles, avec la réduction du rôle des intermédiaires et l’interdiction pour les investisseurs non professionnels d’exploiter des licences de transport, dans une démarche visant à démanteler ce que l’on désigne communément comme l’“économie des agréments”.

Le nombre de licences exploitables par une même personne a également été plafonné, tandis que des registres locaux ont été instaurés afin d’encadrer l’accès à la profession et d’en garantir la transparence. Dans le même esprit, les autorités ont intensifié les contrôles routiers, imposant le strict respect des tarifs réglementés et luttant contre le transport clandestin, considéré comme une concurrence déloyale.

Le ministre a affirmé la fermeté de l’État face aux infractions, annonçant un durcissement des sanctions à l’encontre des contrevenants.

Sur le plan social, les chauffeurs sont désormais tenus de s’affilier à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), leur assurant ainsi, ainsi qu’à leurs familles, une couverture sociale et sanitaire longtemps attendue.

Par ailleurs, une opération nationale de recensement des professionnels du secteur sera lancée en 2026, en vue de remplacer les traditionnels « permis de confiance » par des cartes électroniques intelligentes, valables pour une durée de cinq ans, illustrant la volonté de digitalisation de l’administration.

Malgré ces avancées, le ministère de l’Intérieur reconnaît l’existence de défis structurels persistants entravant la réforme complète du secteur. C’est dans ce contexte qu’une étude stratégique globale a été lancée afin de dresser un diagnostic approfondi et de proposer des scénarios opérationnels de restructuration à moyen terme.

Cette étude devrait poser les bases d’une transformation en profondeur, alignée sur les standards internationaux et répondant aux attentes des citoyens comme des professionnels.

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