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Poulet à 7 DH le kilo : Le secteur avicole au bord de la faillite face à l’effondrement des prix

Le secteur avicole marocain semble aujourd’hui payer le prix de plusieurs années de gestion approximative et d’un manque de régulation. Les prix de vente du poulet ont chuté à des niveaux alarmants, ne dépassant pas 7 dirhams le kilogramme, alors que les professionnels estiment le coût de production à près de 17 dirhams. Une situation qui contraint des milliers d’éleveurs à vendre à perte et les expose à un risque de faillite collective. Cette crise a conduit le député Mustapha Ibrahimi à interpeller le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts au Parlement, qualifiant la situation d’inédite dans un secteur directement lié à la sécurité alimentaire du Royaume.

Alors que les éleveurs sont confrontés à une grave crise de rentabilité, les critiques visant le ministère de l’Agriculture se multiplient. Les professionnels dénoncent l’absence d’une intervention efficace pour réguler le marché et protéger les petits et moyens producteurs contre la spéculation et les pratiques anticoncurrentielles. Selon les représentants du secteur, le marché a été abandonné à des pratiques ayant faussé les règles de la concurrence, plongeant les éleveurs dans une spirale de pertes financières, alors que les autorités étaient censées garantir un équilibre entre l’offre et la demande.

L’Association nationale des éleveurs de poulets de chair a mis en garde contre la gravité de cette situation, estimant que l’effondrement du secteur pourrait représenter une menace directe pour la sécurité alimentaire nationale, notamment pour les ménages modestes qui dépendent largement de la viande blanche comme principale source de protéines.

Cette crise ravive également les interrogations sur le bilan des stratégies agricoles mises en œuvre ces dernières années, notamment les plans « Maroc Vert » et « Génération Green », alors qu’un secteur vital, employant des milliers de personnes et fournissant un produit alimentaire de base, peine aujourd’hui à assurer un minimum de stabilité aux producteurs et aux investisseurs.

Dans ce contexte, Mustapha Ibrahimi a demandé au gouvernement de rendre publics les résultats des inspections et des opérations de contrôle menées pour lutter contre les pratiques de monopole et les dysfonctionnements du marché. Il s’est également interrogé sur les mesures d’urgence que le ministère entend prendre pour mettre fin aux pertes subies par les éleveurs.

Le député a en outre appelé à l’ouverture d’une enquête approfondie sur les dysfonctionnements affectant la filière de production et de commercialisation de la volaille, soulignant l’écart considérable entre les coûts de production et les prix pratiqués à la sortie des exploitations.

Face à la colère grandissante des professionnels et à l’augmentation du nombre de producteurs en difficulté, le ministère de l’Agriculture se retrouve désormais confronté à un choix crucial : intervenir rapidement pour sauver la filière et rétablir l’équilibre du marché, ou s’exposer à des critiques croissantes pour son incapacité à protéger un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire du Maroc.

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