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Pêche maritime : la réforme des paiements par chèque provoque la colère des professionnels

La décision prise par l’Office national des pêches, en date du 10 mars 2026, relative à la modification des conditions de paiement par chèque dans les marchés de première vente et les centres de tri, suscite une vive contestation parmi les professionnels du secteur à travers les ports du Maroc.

Les acteurs du secteur mettent en garde contre les répercussions potentielles de cette mesure sur la fluidité des échanges commerciaux et l’équilibre financier du système de commercialisation des produits halieutiques.

Les organisations professionnelles, en tête desquelles la Confédération marocaine des grossistes en poisson, estiment que cette décision a été prise de manière unilatérale, sans concertation suffisante, et qu’elle porte atteinte aux intérêts d’un large éventail de commerçants.

Elles alertent également sur le risque de perturbation des règles de concurrence au sein des marchés et sur les difficultés immédiates que pourraient rencontrer de nombreux opérateurs pour poursuivre leurs activités.

Dans ce contexte tendu, plusieurs associations professionnelles, notamment à Boujdour et Mehdia, ont engagé des actions de protestation, dénonçant le manque de prise en compte des propositions formulées lors de la réunion du 26 mars dernier.

À Boujdour, les commerçants ont décidé d’observer un arrêt de travail de deux heures au marché aux poissons du port, accompagné d’un boycott des marchés durant le week-end afin d’éviter la saturation, ainsi que d’un appel aux propriétaires de barques de pêche artisanale à suspendre leurs sorties en mer dans un geste de solidarité.

À Mehdia, les professionnels ont adressé une lettre ferme à l’administration centrale, la tenant pour responsable des conséquences de cette décision, estimant que l’imposition d’un nouveau système financier sans concertation approfondie risque d’accentuer les tensions et d’éroder la confiance envers l’institution.

Les professionnels préviennent que le maintien de cette mesure dans sa forme actuelle pourrait affecter la fluidité des transactions dans les marchés de première vente. Ils appellent à son retrait et à l’ouverture d’un dialogue sérieux fondé sur une approche participative tenant compte des spécificités du commerce du poisson.

La Confédération marocaine des grossistes en poisson n’exclut pas d’intensifier les actions de protestation en cas de maintien de ce qu’elle considère comme une rigidité de l’administration centrale.

Cette montée de tension place l’Office national des pêches face à un véritable test, alors que les acteurs du secteur redoutent une perturbation effective de l’activité des marchés et, à terme, de l’approvisionnement du marché national en produits de la mer.

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