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L’Association des femmes critique un bilan gouvernemental jugé inquiétant

L’Association démocratique des femmes du Maroc a soumis la bilan présenté par le Chef du gouvernement à une lecture critique fondée sur les droits humains et les réalités sociales, estimant que cette étape ne saurait être évaluée à l’aune du nombre de programmes annoncés ou de chantiers lancés, mais plutôt selon leur impact concret sur la vie quotidienne des femmes, en particulier les plus vulnérables.

Dans son analyse, l’association souligne que l’accent mis par le gouvernement sur les politiques sociales, notamment la généralisation de la protection sociale et l’autonomisation économique, n’a pas permis de combler le fossé entre le discours officiel et les indicateurs réels, tels que relevés par le Haut-Commissariat au Plan.

L’organisation relève que la situation des femmes sur le marché du travail demeure marquée par de profondes disparités structurelles. Le taux d’activité féminine ne dépasse pas 20 %, contre 70 % pour les hommes, avec des niveaux de chômage particulièrement élevés chez les jeunes femmes en milieu urbain.

Elle estime que les améliorations globales enregistrées dans certains indicateurs d’emploi ne se traduisent pas de manière équivalente pour les femmes, dont une large proportion reste en dehors du circuit économique en raison du poids des responsabilités familiales et des tâches de soins.

S’agissant de la protection sociale, l’association alerte sur le rôle central du secteur informel, qui constitue un obstacle majeur à l’accès d’un grand nombre de femmes — notamment celles travaillant dans le petit commerce, les services ou le travail domestique — aux dispositifs de couverture sociale.

Elle souligne également que la non-reconnaissance de l’économie du care et du travail domestique non rémunéré limite les opportunités de stabilité professionnelle pour les femmes, dans un contexte où celles-ci assurent désormais la charge d’environ un cinquième des ménages.

Sur le plan législatif et institutionnel, l’association exprime ses inquiétudes face à l’absence de données précises concernant l’avancement de réformes majeures, notamment celles relatives au Code de la famille et au Code pénal, estimant que cette situation freine la consolidation des droits et leur adaptation aux évolutions sociales.

Elle déplore également la faible représentation des femmes dans les sphères de décision, affirmant que la restauration de la confiance dans l’action publique passe par la traduction des politiques annoncées en résultats tangibles et mesurables, garantissant une inclusion réelle des catégories vulnérables.

En outre, l’association insiste sur le fait que l’enjeu ne réside pas dans la présentation d’un bilan chiffré, mais dans la capacité des politiques publiques à transformer concrètement la condition des femmes, réduire les inégalités et assurer un accès équitable à l’emploi, à la protection sociale et aux instances décisionnelles.

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