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L'exclusion de Macron du sommet des "BRICS" confirme l'isolement de la Franc en Afrique

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En dépit de l'urgence exprimée par Paris de participer au sommet économique du groupe "BRICS", Naledi Pandor, ministre des Affaires étrangères sud-africaine, a confirmé "la non-convocation du président français Emmanuel Macron", prolongeant ainsi le récit de l'isolement français sur le continent africain.

Auparavant, Catherine Colonna, ministre française des Affaires étrangères, avait annoncé la "forte volonté de son pays" de participer au sommet, dans le cadre de la volonté de Paris de maintenir des canaux de communication avec le groupe comprenant la Chine, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Inde et le Brésil.

Cette "nouvelle déception" coïncide avec l'escalade des signes de "recul" français sur le continent africain, à la suite des événements liés au coup d'État au Niger, dernier bastion militaire de Paris après le retrait des derniers soldats français du Mali.

Dans le contexte de la recherche par Macron de nouvelles opportunités économiques, le groupe "BRICS" semble être l'une des options importantes, mais la présence de Moscou à la tête entrave les efforts français et prolonge "l'insatisfaction française envers la subordination à Washington".

Omar El Marabat, ancien analyste politique adjoint au maire en France, estime que "la non-convocation du président Macron au sommet est tout à fait normale, compte tenu de la présence de la Russie en tant que membre éminent du groupe, et de son opposition farouche à la politique de Paris en Ukraine".

Il a ajouté, dans ses déclarations à Hespress, que "personne au sein des BRICS ne souhaite la présence de Macron, d'autant plus que les États membres adoptent une position neutre sur la crise en Ukraine".

Le même analyste politique a souligné que "le déclin de l'influence française est clairement visible en Afrique, ce qui ressort des déclarations de Macron en diverses occasions, montrant son incapacité à communiquer avec les peuples africains".

"La meilleure passerelle pour Macron afin de redynamiser son pays en Afrique est le Royaume du Maroc", poursuit le même interlocuteur, expliquant que "cette opportunité était à portée de main pour Macron, mais il a préféré s'appuyer davantage sur l'Algérie".

El Marabat a souligné que "Paris ne cherche pas d'alternatives économiques, mais plutôt de nouveaux marchés, ainsi que de regagner son influence en Afrique, en plus de chercher une influence économique dans certains pays des BRICS, qui sont également très présents sur le continent africain".

De son côté, Mustapha Green, président du Centre d'études stratégiques de l'Asie de l'Est, estime que "ce qui est arrivé à Macron aurait pu arriver à Joe Biden, ou à n'importe quel leader occidental".

Green a déclaré à Hespress que "les BRICS sont une puissance économique et un pôle parallèle au pôle occidental, et il est possible qu'à l'avenir, ils se dirigent vers la formation d'une force militaire, et pas seulement économique et politique".

Le président du Centre d'études stratégiques de l'Asie de l'Est a souligné que "les BRICS sont actuellement en train de construire leur orientation économique et ne permettraient pas une pénétration occidentale, et l'absence de convocation était largement prévisible".

Il a ajouté que "la volonté de la France de participer au sommet des BRICS est due à ses appels à trouver des points d'ancrage pour s'éloigner de la subordination à Washington et à réaliser l'indépendance dans la prise de décision".

Il a également souligné que "il y a de nombreux autres problèmes qui poussent la France à vouloir être présente au sommet des BRICS, notamment le recul de l'influence en Afrique, ce qui accélère la recherche de nouveaux points d'ancrage".

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