Les législatives du 23 septembre 2026 ont redessiné les rapports de force au sein de la Chambre des représentants. Selon les résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur, le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui en obtient 66, l’Istiqlal avec 65 sièges et le Parti de la justice et du développement (PJD) avec 54.
Cette nouvelle configuration ouvre désormais la séquence des tractations autour de la future majorité. Avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, le PAM ne dispose pas, à lui seul, de la majorité absolue de 198 députés. La formation d’une majorité suppose donc nécessairement des alliances.
Parmi les scénarios arithmétiquement possibles figure un rapprochement entre le PAM et le PJD. Les deux partis totalisent 151 sièges, ce qui resterait insuffisant pour atteindre la majorité absolue. Une telle configuration nécessiterait donc l’adhésion d’au moins une autre force politique suffisamment représentée au Parlement.
Une éventuelle coopération entre les deux partis constituerait par ailleurs une évolution notable au regard de leur longue rivalité politique, particulièrement marquée lors des précédentes échéances électorales. À ce stade, toutefois, aucun accord officiel entre le PAM et le PJD n’a été annoncé.
Une autre configuration ressort directement des chiffres : la reconduction des trois composantes de la majorité sortante. Le PAM, le RNI et l’Istiqlal disposent ensemble de 228 sièges, soit 30 de plus que le seuil de la majorité absolue. Cette arithmétique rend cette formule possible, sans pour autant préjuger de l’issue des négociations politiques.
Les résultats provisoires laissent également place à d’autres combinaisons avec les formations arrivées derrière le quatuor de tête. Le Mouvement populaire dispose de 29 sièges, l’USFP de 26 et le PPS de 19, autant de groupes susceptibles de peser dans les discussions selon les choix qui seront faits par les différentes directions partisanes.
La question ne se limite donc pas à l’addition des sièges. Les négociations devront également porter sur le programme gouvernemental, la composition de la majorité et la répartition des responsabilités.
Le précédent de 2016 reste présent dans les mémoires : après plusieurs mois de négociations infructueuses pour constituer une majorité, Abdelilah Benkirane avait finalement été remplacé par Saadeddine El Othmani pour former le gouvernement.
La configuration de 2026 est différente, mais elle pose à nouveau la question de la capacité des partis à transformer les résultats des urnes en une majorité parlementaire opérationnelle. Entre une éventuelle reconduction de l’alliance PAM-RNI-Istiqlal, l’ouverture de discussions avec le PJD ou d’autres combinaisons parlementaires, les résultats provisoires permettent plusieurs scénarios sans qu’aucun ne puisse, à ce stade, être présenté comme acquis.
Les prochaines consultations politiques permettront de préciser les alliances envisagées, une fois la séquence électorale achevée et les positions officielles des différentes formations connues






