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Kabylie en feu : Ferhat Mehenni dénonce le terrorisme d’État algérien devant l’UE

Les tensions s’accentuent en Algérie avec le retour au premier plan du dossier des incendies en Kabylie. Cette fois, la crise prend une tournure inédite après les accusations directes portées par Ferhat Mehenni, le président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Ce dernier impute la responsabilité des feux aux autorités algériennes, affirmant qu’ils visent délibérément la région pour punir ses habitants en raison de leurs aspirations politiques. Ce développement met en lumière les profondes divisions internes auxquelles fait face le régime algérien et relance le débat sur son isolement croissant, tant sur le plan national qu’international.

Dans une escalade verbale marquée, Ferhat Mehenni a appelé l’Union européenne, les organisations internationales ainsi que les instances environnementales et humanitaires à intervenir d’urgence. Selon lui, les répercussions de ces incendies dépassent le cadre local et menacent désormais l’écosystème de l’ensemble du bassin méditerranéen. Il a également accusé Alger de refuser l’aide internationale malgré la progression des flammes, une posture qui, selon ses termes, renforce l’image d’une Algérie repliée sur elle-même, y compris face aux catastrophes naturelles.

Dans une publication diffusée sur la plateforme X, le leader du MAK a prétendu que les incendies qui ravagent la Kabylie sont planifiés par le ministère algérien de la Défense et exécutés par les appareils de l’État. Il a soutenu que l’interdiction faite aux habitants d’accéder aux montagnes et aux zones forestières depuis le 16 mai dernier visait, selon sa version, à préparer le périmètre des villages avant le déclenchement des feux. Il a par ailleurs avancé que les autorités auraient modifié leurs modes opératoires par rapport aux années précédentes, suite à la diffusion de vidéos documentant l’usage de moyens aériens dans des incendies antérieurs. Les autorités algériennes n’ont émis aucun commentaire officiel à la suite de ces accusations.

Ces déclarations surviennent alors que plusieurs wilayas algériennes, notamment en Kabylie, font face à une nouvelle vague de feux de forêt coïncidant avec une forte canicule. De son côté, la Protection civile a annoncé le déploiement de moyens terrestres et aériens pour circonscrire les incendies et limiter leur propagation. La Kabylie demeure l’une des régions les plus vulnérables à ces sinistres estivaux, particulièrement depuis le traumatisme de 2021, qui avait fait des dizaines de victimes et causé d’importants dégâts matériels et forestiers. À l’époque, le pouvoir avait attribué ces incendies à des actes criminels, tandis que les mouvements d’opposition, le MAK en tête, continuaient de pointer la responsabilité de l’État.

Au-delà de leur véracité, les appels du pied de Ferhat Mehenni à l’Union européenne et aux organisations internationales illustrent une tendance croissante chez les opposants algériens à internationaliser les crises internes, révélant la profondeur de la crise de confiance entre le pouvoir et ses détracteurs. De plus, la récurrence des critiques liées au refus de l’aide extérieure tend à accréditer l’idée d’un isolement diplomatique et régional progressif de l’Algérie, au moment où la gestion des crises à répétition suscite de plus en plus de réserves.

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