L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) a officiellement donné le coup d’envoi de la rentrée 2026-2027 depuis la Cité des métiers et des compétences de Casablanca-Settat, en présence de sa directrice générale, Loubna Tricha, de représentants du département de la Formation professionnelle relevant du ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, ainsi que des autorités locales et de professionnels de plusieurs secteurs.
Cette nouvelle rentrée s’inscrit dans la poursuite de l’élargissement du réseau de l’OFPPT et de la diversification de ses spécialités, avec une attention particulière accordée aux formations répondant aux transformations de l’économie nationale et aux besoins du marché du travail, notamment dans l’industrie, le numérique, les services et les métiers d’avenir.
Pour la nouvelle année, l’Office s’appuie sur un réseau de 513 établissements de formation, offrant une capacité globale de 424 000 places pédagogiques. Celle-ci comprend 146 637 places dédiées à la formation initiale et 121 402 à la formation qualifiante. Les stagiaires de première année rejoindront leurs établissements à partir du 11 septembre.
La rentrée 2026-2027 sera également marquée par l’ouverture de 18 nouveaux établissements, dans le cadre de la stratégie visant à renforcer l’offre et à rapprocher les structures de formation des jeunes dans les différentes régions du Royaume.
658 filières dans 19 secteurs
L’OFPPT poursuit parallèlement la diversification de son offre, qui atteindra cette année 658 filières réparties sur 19 secteurs de formation. Elles comprennent 342 filières diplômantes, 293 formations qualifiantes et 23 parcours professionnels.
Afin d’adapter davantage cette offre aux mutations économiques et professionnelles, 193 filières seront intégrées à la carte de formation, dont 39 nouvellement créées, 26 restructurées et 128 actualisées.
L’objectif est de renforcer l’adéquation entre la formation professionnelle et les besoins des entreprises et des secteurs productifs, en anticipant la demande future en compétences et en développant des parcours adaptés à l’évolution des métiers et à l’émergence de nouvelles spécialités.
Cette offre s’inscrit dans plusieurs stratégies nationales, notamment la feuille de route pour l’emploi, la stratégie énergétique 2030, la Stratégie nationale de développement durable et les orientations relatives à la souveraineté industrielle.
Intelligence artificielle et cybersécurité parmi les priorités
Le développement de l’offre ne se limite pas aux secteurs traditionnels. Il concerne également les spécialités liées à la transformation numérique et aux métiers d’avenir.
Dans ce cadre, l’OFPPT poursuit la mise en œuvre des conventions conclues avec différents secteurs, notamment dans le tourisme à travers les programmes « Cap Excellence Tourisme » et « Middle Management ». L’Office mise également sur des secteurs à fort potentiel tels que l’industrie du gaming et la cybersécurité.
Cette orientation vise à accompagner les transformations rapides du marché de l’emploi en dotant les jeunes de nouvelles compétences adaptées à l’économie numérique et aux technologies émergentes.
Modernisation des établissements et amélioration des conditions de formation
Dans le cadre du premier projet de la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle, consacré à la mise à niveau intégrée du dispositif et à l’excellence opérationnelle, l’OFPPT poursuit ses efforts pour moderniser ses établissements et améliorer la qualité des services proposés aux stagiaires.
Le programme prévoit cinq nouvelles opérations d’extension et sept opérations d’aménagement, ainsi que la création d’un internat à l’Institut spécialisé de technologie appliquée de Taza et la modernisation des infrastructures de l’Institut spécialisé de technologie appliquée de Sefrou.
Ces projets doivent contribuer à améliorer les conditions d’apprentissage et à offrir un environnement davantage adapté à l’acquisition des compétences professionnelles et pratiques.
Renforcement de l’orientation professionnelle
L’accompagnement des jeunes dans la construction de leur projet professionnel figure également parmi les priorités de l’OFPPT, qui poursuit le renforcement de son dispositif d’orientation.
Celui-ci compte actuellement 75 centres d’orientation professionnelle. Quatre nouveaux centres sont créés à l’occasion de cette rentrée, tandis que 13 autres doivent voir le jour au cours de l’année 2026-2027 afin d’élargir la couverture territoriale et de rapprocher ces services des jeunes.
31 000 bénéficiaires du programme d’apprentissage professionnel
Dans le cadre de la feuille de route pour l’emploi, l’OFPPT poursuit également sa contribution au programme d’apprentissage professionnel, conçu comme un levier facilitant l’insertion des jeunes sur le marché du travail.
Pour l’année 2026-2027, l’Office prévoit de former 31 000 stagiaires dans le cadre de ce dispositif, dans plusieurs métiers relevant de secteurs à fort potentiel.
L’offre concerne notamment le génie électrique, le bâtiment et les travaux publics, les métiers de l’automobile, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, le textile-habillement, le froid et le génie thermique ainsi que le génie mécanique.
Trois nouvelles Cités des métiers et des compétences
L’OFPPT poursuit par ailleurs le déploiement du programme des Cités des métiers et des compétences (CMC), deuxième projet de la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle présentée devant le roi Mohammed VI le 4 avril 2019.
Trois nouvelles CMC devraient ouvrir leurs portes durant l’année 2026-2027 dans les régions de Guelmim-Oued Noun, Fès-Meknès et Drâa-Tafilalet.
Ces ouvertures porteront à 12 le nombre de Cités des métiers et des compétences, rapprochant ainsi ce projet structurant de son achèvement.
La CMC de Nouaceur, un modèle multisectoriel
La Cité des métiers et des compétences de Casablanca-Settat illustre cette nouvelle génération d’établissements. Implantée sur une superficie de 20 hectares dans la province de Nouaceur, elle propose une offre diversifiée répondant aux besoins du tissu économique régional et du marché de l’emploi.
L’établissement dispose d’une capacité de 5 213 places pédagogiques, dont 3 838 réservées aux formations diplômantes. Son offre comprend 111 filières réparties entre neuf pôles métiers.
Sa pédagogie privilégie l’apprentissage par l’expérience et la pratique, grâce à des plateformes reproduisant les conditions réelles de l’entreprise.
Le pôle Industrie dispose ainsi d’une usine pédagogique reproduisant l’environnement d’une unité de production, tandis que le pôle Agriculture comprend une ferme pédagogique permettant aux stagiaires de se former aux différentes techniques agricoles.
Le pôle Tourisme, hôtellerie et restauration dispose d’un hôtel et d’un restaurant pédagogiques, tandis que celui consacré au commerce et à la gestion comprend une entreprise virtuelle de simulation.
Le pôle Digital et intelligence artificielle accueille pour sa part une « Digital Factory », conçue comme un espace d’innovation et de développement de projets liés à la transformation numérique. Le pôle Services à la personne comprend notamment une crèche et un appartement pédagogiques destinés à la formation aux métiers de l’accompagnement et de l’assistance.
Les autres pôles couvrent les arts et industries graphiques, l’artisanat et l’agroalimentaire.
La Cité dispose également d’espaces communs destinés au développement des compétences professionnelles et comportementales, notamment un espace de coworking, un Fab Lab, une Digital Factory, un incubateur, un centre de langues et de soft skills, une médiathèque et un centre de conférences.
Elle propose enfin des espaces de vie et des installations sportives, avec notamment une maison des stagiaires d’une capacité de 700 lits et couverts, une cafétéria, des espaces de rencontre ainsi que des terrains dédiés à plusieurs disciplines sportives.
Cette rentrée 2026-2027 confirme ainsi la volonté de repositionner la formation professionnelle comme un levier majeur d’accompagnement des transformations économiques et des besoins du marché du travail, à travers l’élargissement de l’offre, la modernisation des filières et le renforcement de la formation pratique.
Le principal défi reste désormais de traduire cette expansion du nombre d’établissements, de places et de filières en véritables opportunités d’insertion professionnelle, afin de mieux répondre aux besoins de l’économie nationale et aux mutations technologiques accélérées.






