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Programme du PAM : Lekjaa défend une enveloppe de 350 milliards de dirhams d’ici 2031

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) et ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, a défendu lundi, dans la province d’Azilal, les orientations du programme électoral de son parti à l’horizon 2031.

Un projet articulé autour de cinq axes directement liés, selon lui, aux priorités des Marocains, notamment le pouvoir d’achat, la jeunesse, l’éducation et la santé, la réduction des disparités territoriales et l’amélioration de la situation des différentes catégories sociales.

Lors d’une rencontre partisane, Lekjaa a affirmé que le PAM avait choisi de présenter ce qu’il considère comme le projet dont le Maroc a besoin à l’horizon 2031. Il a indiqué avoir suivi les réactions de certaines formations se positionnant comme concurrentes du PAM, estimant toutefois qu’elles n’avaient pas apporté, selon lui, de réponses sur le fond des propositions avancées par son parti.

Répondant aux critiques visant le programme, Fouzi Lekjaa a cité le verset coranique : « Et lorsque les ignorants s’adressent à eux, ils disent : “Paix” », affirmant que le débat qui intéresse le PAM doit porter sur les idées et les solutions susceptibles de bénéficier au Maroc et aux Marocains, plutôt que sur les invectives entre acteurs politiques.

Il a expliqué que son parti avait présenté son programme « en toute modestie », après avoir travaillé sur cinq axes majeurs, au premier rang desquels figure le pouvoir d’achat. Selon lui, le PAM ne s’est pas contenté de dresser un diagnostic, mais a cherché à proposer des solutions concrètes aux difficultés rencontrées par les citoyens.

Lekjaa a également affirmé que son parti restait ouvert aux propositions des autres forces politiques. « Ceux qui sont d’accord avec nous pour le Maroc et les Marocains sont les bienvenus. Ceux qui apportent une nouvelle idée sont également les bienvenus », a-t-il déclaré, ajoutant que le PAM était disposé à débattre des propositions, contrairement aux simples échanges d’accusations qui, selon lui, n’apportent rien au pays.

Sur le volet de la jeunesse, le dirigeant du PAM a indiqué que le parti avait élaboré une approche spécifique destinée aux jeunes de l’ensemble du Royaume, reposant sur la mise en place d’une véritable politique publique dédiée à cette catégorie, afin de ne pas les laisser seuls face au chômage et à la recherche d’un avenir professionnel.

L’objectif, a-t-il poursuivi, est de favoriser leur intégration dans la société et de leur donner les moyens de participer au développement et à la création de valeur, tout en se disant prêt à discuter de toute proposition susceptible d’améliorer cette politique.

Sur le plan social, Lekjaa a placé l’éducation et la santé parmi les piliers fondamentaux de la société marocaine. Tout en reconnaissant les efforts déployés ces dernières années, il a estimé qu’un effort supplémentaire restait nécessaire afin que les effets des réformes bénéficient concrètement à l’ensemble des citoyens.

Selon lui, l’horizon 2031 doit être marqué par une amélioration tangible des services sanitaires et sociaux, notamment dans les territoires où certaines familles, et particulièrement des femmes, rencontrent encore des difficultés pour accéder aux prestations essentielles.

Depuis Azilal, Fouzi Lekjaa a également insisté sur la situation particulière des zones montagneuses, estimant qu’elles nécessitent des interventions supplémentaires par rapport à d’autres territoires ayant atteint des niveaux plus avancés de développement et d’équipement.

Il a plaidé pour une réduction des disparités entre ces territoires et les régions qui ont connu un développement plus rapide, soulignant la nécessité d’accélérer la dynamique de développement afin que les citoyens puissent accéder aux mêmes services et opportunités, indépendamment de leur lieu de résidence.

Le responsable du PAM a par ailleurs abordé la question de l’amazigh, appelant à lui accorder davantage d’attention, particulièrement dans les régions où il constitue une composante essentielle de la vie quotidienne. Il a notamment plaidé pour un renforcement de sa présence dans l’administration et les services publics.

Selon Lekjaa, cette ambition doit s’accompagner des moyens nécessaires à sa mise en œuvre concrète afin que les citoyens puissent interagir avec l’administration et accéder aux services publics dans des conditions respectant leurs spécificités linguistiques et culturelles.

Le ministre délégué chargé du Budget a ensuite abordé le financement du programme. Après avoir défini les priorités et les mesures envisagées, le parti est passé, selon ses termes, « aux calculs » afin d’évaluer les ressources nécessaires au financement de son projet au cours des cinq prochaines années.

Dans ce cadre, Lekjaa a indiqué qu’une partie du programme nécessiterait près de 250 milliards de dirhams supplémentaires sur cinq ans. Il a comparé ce montant aux ressources mobilisées par l’État ces cinq dernières années pour soutenir le pouvoir d’achat.

Selon lui, près de 280 milliards de dirhams ont été consacrés au soutien du pouvoir d’achat durant cette période. Il s’est interrogé sur les résultats obtenus en contrepartie de ces dépenses, estimant que ces chiffres démontrent la capacité du Maroc à mobiliser des ressources financières importantes lorsque les priorités sont clairement définies.

Lekjaa a ainsi rejeté l’idée selon laquelle la mobilisation de fonds destinés à financer un programme social sur cinq ans serait irréalisable, rappelant que des montants comparables ont déjà été mobilisés au cours des dernières années.

Il est également revenu sur l’enveloppe globale de 350 milliards de dirhams associée au programme du PAM, estimant que sa mobilisation au cours des prochaines années reste possible. Présenter ce montant comme étant hors de portée de l’État ne correspond pas, selon lui, aux volumes financiers que le Maroc a déjà été capable de mobiliser sur des périodes relativement courtes.

Le dirigeant du PAM a ainsi défendu une approche financière fondée sur la comparaison entre les ressources dépensées au cours des dernières années et le coût des nouveaux engagements, considérant que l’enjeu réside avant tout dans la définition des priorités, l’affectation des ressources et les résultats obtenus pour les citoyens.

Concernant les différentes catégories sociales, Fouzi Lekjaa s’est notamment attardé sur la situation des retraités, plaidant pour un revenu leur permettant de vivre dignement et de se prémunir contre la précarité après plusieurs années de travail.

Il a également évoqué la classe moyenne, les salariés et les fonctionnaires, estimant nécessaire d’alléger les charges et les pressions financières pesant sur ces catégories afin qu’elles puissent conserver une part plus importante de leurs revenus et couvrir leurs besoins essentiels.

Pour Lekjaa, l’amélioration du pouvoir d’achat ne peut être dissociée des dépenses qui pèsent sur le budget des ménages marocains, notamment celles liées à l’éducation, au logement et aux différents besoins sociaux. Une hausse des revenus doit donc, selon lui, être accompagnée d’un allègement des charges pour produire un effet concret sur les conditions de vie.

L’objectif de ces mesures, a-t-il poursuivi, est de permettre aux familles de financer l’éducation de leurs enfants, d’accéder au logement, de couvrir leurs besoins essentiels et de vivre dignement, plutôt que de réduire le débat social à la seule question du niveau des salaires.

Fouzi Lekjaa a enfin placé la notion de dignité au cœur des engagements du PAM, affirmant que l’ambition du parti est d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble des Marocains, qu’il s’agisse des jeunes, des retraités, de la classe moyenne, des salariés, des fonctionnaires ou des habitants des zones montagneuses.

Le programme du PAM à l’horizon 2031 repose ainsi, selon Lekjaa, sur une combinaison de mesures visant à renforcer le pouvoir d’achat, améliorer les revenus, mettre en place une politique spécifique pour la jeunesse, consolider les secteurs de la santé et de l’éducation, promouvoir l’amazigh, réduire les disparités territoriales, soutenir les zones montagneuses et améliorer la situation des retraités et de la classe moyenne, tout en mobilisant les ressources financières nécessaires à leur mise en œuvre.

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