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Camps de Tindouf: les inquiétantes révélations d'une avocate belge

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L’avocate belge Sophie Michez a livré un édifiant témoignage sur les camps de Tindouf lors d’une rencontre organisée par le « Press Club Brussels Europe » en présence Khadijatou Mahmoud, victime présumée de Brahim Ghali. 

La Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres (FEMM) du Parlement européen a organisé une rencontre sous le thème « violences sexuelles et viols comme abus de pouvoir » le jeudi 13 octobre. Deux survivantes ont livré leurs témoignages. Il s’agit de Fatou Jallow, victime présumée du président gambien Yahya Jammeh et de Khadijatou Mahmoud, victime présumée de Brahim Ghali.

Le cas de Khadijatou Mahmoud a été présenté par Willy Fautré, président de l’ONG HRWF ((à partir de la minute 16: 24).

« Elle avait alors 18 ans. Elle avait été invitée par une ONG italienne, Sahara Marathon à se rendre en Italie. Elle avait besoin de l’autorisation de la représentation diplomatique du Polisario en Algérie pour les premières démarches avant de demander un visa à l’ambassade d’Italie. Brahim Ghali l’a fait chanter, dit-elle : un visa en échange de services sexuels. Elle a refusé, mais a été violée. On lui a dit de ne pas le rendre public, car personne ne voudrait jamais l’épouser tandis que son frère l’encourageait à porter plainte. Il lui a fallu trois ans pour se décider à porter plainte lorsqu’elle était en Espagne, mais le cas a été classé. « Je vois qu’elle est dans le public et si vous avez besoin de plus de détails, vous pouvez lui demander », a déclaré Willy Fautré, cité par EU Briefs.

Invitée jeudi à une conférence tenue au Press Club Brussels Europe, Khadijatou a pu livrer de vive voix son témoignage glaçant sur le chantage sexuel dont elle a été victime, puis l’histoire de son viol.

« Les violations sont systématiques dans les camps de Tindouf »

Maître Sophie Michez, avocate au Barreau de Bruxelles, a également pris la parole lors de cette rencontre afin de dénoncer les multiples dérives du Polisario dans les camps de Tindouf.

« Le témoignage de Khadijatou est édifiant et fort révélateur de ce que beaucoup de femmes vivent dans les camps de Tindouf (…). A la lecture de son témoignage, nous pouvons dire que les femmes qui sont violées et maltraitées au sein de ces camps de Tindouf n’ont aucun moyen d’action, parce qu’elles n’ont aucun référent, aucune règle juridique et n’ont aucun tribunal vers lequel se tourner », a alerté l’avocate qui a participé en tant qu’observatrice au procès de Gdeim Izek et pour qui « il faut que la communauté internationale prenne ses responsabilités ».

« La situation confuse sur le volet juridique, sociale et humanitaire qui prévaut dans les camps de Tindouf offre une couverture pour les violations par les dirigeants du Polisario des droits des femmes, souvent séquestrées, violées et maltraitées », estime l’avocate belge qui en 2019 a dénoncé devant l’ONU le détournement des aides humanitaires par le Polisario, notant que « les violations des droits de l’homme sont systématiques au sein des camps de Tindouf ».

« Malheureusement, nous sommes dans une impasse parce que tout d’abord ces camps ne sont régis par aucun cadre légal. Ce sont véritablement des zones de non-droit et parce que le pays hôte (l’Algérie) a délégué sa responsabilité juridique à une entité fictive. Mais aussi et également parce que les quotidiens de ces femmes violentées et séquestrées qui vivent dans des conditions absolument inhumaines, restent hors de la surveillance internationale des droits humains, en raison de l’interdiction par l’Algérie de donner accès aux défenseurs des droits de l’homme dans ces camps ». « Une situation inadmissible », a-t-elle condamné.

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