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Avocats : Ramid et plusieurs confrères bravent la grève à la Cour d’appel de Casablanca

Plusieurs avocats relevant du barreau de Casablanca se sont présentés, ce mardi 1er septembre 2026, à la Cour d’appel de la ville, malgré la décision de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) de maintenir la suspension des prestations professionnelles, en protestation contre la loi n° 66.23 relative à l’organisation de la profession d’avocat.

Le barreau de Casablanca, considéré comme le plus important du Royaume, avait annoncé, le 29 août dernier, la suspension de l’exercice professionnel pour une durée indéterminée, conformément à la décision de l’ABAM, en réaction à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi régissant la profession, après sa publication au Bulletin officiel.

Parmi les avocats présents figurait Mustapha Ramid, ancien ministre de la Justice et des Libertés et membre du barreau de Casablanca. Il a été aperçu ce mardi matin à la Cour d’appel, aux côtés de plusieurs anciens bâtonniers et d’autres avocats.

Vêtus de leurs robes professionnelles, Mustapha Ramid et les autres avocats ont notamment tenu des réunions avec des responsables judiciaires au sein du parquet, dans les couloirs de la Cour.

De son côté, l’avocate au barreau de Casablanca Fatima Zahra El Ibrahimi a affirmé que sa présence, aux côtés de Mustapha Ramid et d’autres confrères, traduisait son opposition à la décision de suspendre les prestations professionnelles. Elle a appelé, en revanche, les avocats à reprendre normalement l’exercice de leur profession.

Dans une déclaration à la presse, El Ibrahimi a expliqué que sa présence à la Cour d’appel de Casablanca s’inscrivait dans la continuité de ses publications, articles et prises de position contre la suspension du travail, qu’elle considère comme « dépourvue de sens ».

Elle estime que cette démarche sur le terrain constitue une expression claire de son opposition aux communiqués et décisions de l’Association des barreaux du Maroc imposant aux avocats de suspendre leurs prestations professionnelles.

Réagissant à l’idée selon laquelle sa démarche pourrait être perçue comme une remise en cause de l’unité du corps des avocats, El Ibrahimi a répondu qu’il ne s’agissait que d’une « expression légitime d’une opinion ». Elle a qualifié les décisions de suspension prises par l’Association de « illégales, non administratives et illogiques », estimant qu’elles sont dépourvues de fondement suffisamment solide pour justifier la paralysie des intérêts des justiciables.

Selon elle, l’avocat doit pouvoir exprimer librement ses revendications et sa position juridique. Elle souligne que nul ne peut décréter qu’une position est juste ou erronée, affirmant qu’« il n’existe pas de notion d’unité du corps professionnel devant la loi ».

L’avocate insiste par ailleurs sur l’existence de voies légales pour débattre des textes de loi et, le cas échéant, les modifier, sans pour autant porter atteinte aux intérêts des citoyens. Elle déplore notamment les conséquences de la suspension de l’activité sur les détenus et les justiciables, qualifiant une nouvelle fois ce mouvement de « dépourvu de sens ».

Le barreau de Casablanca avait appelé, samedi 29 août 2026, l’ensemble des avocates et avocats à poursuivre la suspension totale de leurs prestations professionnelles jusqu’à nouvel ordre. Il avait alors insisté sur la nécessité de « respecter les formes de mobilisation, de poursuivre leur mise en œuvre et d’aller de l’avant dans la démonstration de davantage de sacrifice et de fidélité à nos valeurs, dans le cadre de l’unité du corps professionnel ».

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