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Au parlement Nabila Mounib dénonce une « dérive technocratique » du gouvernement d’Akhannouch

La députée du Parti socialiste unifié, Nabila Mounib, a estimé que le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch s’écarte de la volonté populaire, à travers ses politiques publiques et les législations adoptées, accusant l’Exécutif de mettre en œuvre « une politique technocratique ».

Cette déclaration a été faite ce mardi 21 avril 2026, lors de son intervention à la Chambre des représentants dans le cadre de la discussion du bilan gouvernemental, conformément à l’article 101 de la Constitution.

Au cours de son intervention, Mounib s’est interrogée sur les raisons du refus persistant du gouvernement d’adopter une loi d’amnistie générale, visant à libérer les détenus issus du mouvement du Rif et de la « Génération Z ».

Elle a souligné que « la politique est avant tout une question d’éthique et d’engagement au service de l’intérêt général », dénonçant ce qu’elle considère comme des dérives opportunistes et une imbrication entre pouvoir politique et pouvoir économique, conduisant à la domination d’une oligarchie au détriment du peuple. Elle a ajouté que des réformes politiques, économiques, fiscales et financières ambitieuses étaient attendues, notamment en matière de lutte contre la rente, les monopoles et la corruption.

La députée a également estimé que le bilan gouvernemental aurait dû s’articuler autour de questions fondamentales, dont celle de l’origine des richesses : « D’où vient cet enrichissement ? ».

Elle a plaidé pour la criminalisation de l’enrichissement illicite, de l’évasion fiscale et des conflits d’intérêts, tout en dénonçant ce qu’elle qualifie de démantèlement des secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi qu’une érosion des valeurs. Selon elle, la résilience nationale repose sur le savoir, la connaissance et l’éthique.

S’adressant directement au gouvernement, elle a interrogé la pertinence de ses choix politiques qu’elle juge dépendants, appelant à une rupture avec des orientations qu’elle qualifie de non démocratiques et impopulaires. Elle a également plaidé pour l’arrêt du processus de privatisation, la préservation du rôle stratégique de l’État et le renforcement de la souveraineté nationale.

Elle a en outre insisté sur la nécessité de consolider le front interne à travers la démocratie, la justice sociale et la mise en œuvre d’une régionalisation avancée et solidaire, ainsi que l’organisation d’élections libres et transparentes et une meilleure implication des Marocains résidant à l’étranger.

Dans la même intervention, Nabila Mounib a évoqué la situation au Moyen-Orient, dénonçant des « guerres destructrices menées en dehors du droit international », citant les conflits en Irak, en Palestine, au Liban et en Iran. Elle a accusé Israël de chercher à imposer une domination militaire sur la région, évoquant des pratiques qu’elle qualifie de « barbares ».

Dans ce contexte, elle a estimé que ces événements interrogent les fondements mêmes de la civilisation humaine, appelant à une révision de la politique de normalisation et à l’annulation des accords conclus avec Israël, qu’elle considère comme une menace pour la région et pour le Maroc.

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