Omar Hilale, ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, a affirmé que le recours de la Russie au droit de veto contre le projet de résolution américain sur le Sahara marocain n’aura aucune incidence sur la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud et ne conduira pas Rabat à revoir ses relations stratégiques avec Moscou. Il a souligné que le Maroc ne transige pas sur son intégrité territoriale et n’impose pas à ses partenaires internationaux de choisir entre lui et l’Algérie.
Invité d’une émission spéciale diffusée par Medi1TV, ce dimanche 1er novembre 2026 en soirée, M. Hilale a expliqué que les relations maroco-russes reposent sur des liens historiques et amicaux fondés sur le respect mutuel. Ces dernières années, elles ont évolué vers un partenariat stratégique, instauré en 2016 à l’initiative du roi Mohammed VI et du président russe Vladimir Poutine.
Ces déclarations interviennent au lendemain des développements survenus vendredi dernier au Conseil de sécurité de l’ONU, où la Russie a utilisé son droit de veto pour faire échouer le projet de résolution américain sur le Sahara marocain, pourtant soutenu par 11 pays, avec trois abstentions. Le projet russe alternatif n’a pas non plus réuni les voix nécessaires pour être adopté.
Commentant les conséquences de la position russe, le diplomate marocain a insisté sur le fait que Rabat poursuivra sa coopération avec Moscou, malgré les divergences sur ce projet de résolution. Cette orientation repose, a-t-il précisé, sur deux considérations essentielles. La première est que le veto russe ne saurait entraver la souveraineté marocaine sur le Sahara ni la mettre en péril.
M. Hilale a martelé à ce propos que le Maroc « ne transigera jamais sur sa souveraineté », cette constante nationale primant sur toute autre considération. C’est ce qui explique, selon lui, que le Royaume n’ait pas cherché à tout prix à éviter le recours au veto russe lors des consultations qui ont précédé le vote.
La seconde considération tient à la nature même de la politique étrangère marocaine. M. Hilale a rappelé que le Royaume n’a jamais demandé à un pays ami ou allié de choisir entre Rabat et Alger, et que le Maroc entretient ses relations internationales sur la base du respect mutuel, sans les subordonner à la position des autres parties vis-à-vis de leurs relations avec le voisin de l’Est.
Analysant les résultats du vote au Conseil de sécurité, le représentant permanent du Maroc a estimé que le veto russe, malgré les réactions diplomatiques qu’il a suscitées, a permis au Royaume d’entrer dans une nouvelle phase dans la gestion du dossier du Sahara marocain.
Il a expliqué que, du point de vue marocain, la position russe est devenue une simple étape qui a permis de recouvrer une pleine autonomie dans la conduite de la cause nationale, à l’abri des ingérences continues et des débats périodiques au sein du Conseil de sécurité, liés au renouvellement du mandat de la MINURSO.
M. Hilale a souligné que la période précédente, marquée par la répétition des réunions onusiennes et des délibérations sur la prorogation du mandat de la mission, est révolue, estimant que les derniers développements ouvrent au Maroc des perspectives différentes dans le traitement de la question de son intégrité territoriale.
Le diplomate marocain a conclu son propos sur ces mutations en affirmant que l’étape liée aux anciens mécanismes de gestion du dossier est achevée : « Cette page est tournée. »
Les déclarations de M. Hilale traduisent la volonté de la diplomatie marocaine de dissocier la position russe au Conseil de sécurité de l’avenir des relations bilatérales avec Moscou, tout en réaffirmant l’attachement à la souveraineté nationale comme élément déterminant dans la gestion de la question du Sahara marocain, dans le contexte des changements intervenus après la non-prorogation du mandat de la MINURSO.
Omar Hilale : « Le Maroc ne transigera jamais sur sa souveraineté »






