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Sahara marocain : un projet de résolution américain place l’autonomie au cœur du processus onusien

À la veille d’un vote décisif au Conseil de sécurité des Nations unies, le dossier du Sahara marocain connaît de nouveaux développements diplomatiques. Une version révisée du projet de résolution américain, datée du 28 octobre 2026, confirme une évolution favorable à la position du Royaume, en plaçant l’initiative marocaine d’autonomie au centre du processus politique destiné à parvenir à une solution au différend régional.

Selon les éléments de cette nouvelle mouture, Washington entend consacrer le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme cadre de référence des négociations, tout en proposant une transformation progressive du dispositif onusien déployé dans la région.

Le texte, qui doit être soumis au vote du Conseil de sécurité vendredi 30 octobre, présente l’autonomie véritable sous souveraineté marocaine comme la solution la plus viable au différend. Il maintient également la proposition marocaine comme base exclusive des discussions politiques, une orientation considérée comme un acquis diplomatique majeur pour Rabat.

Cette formulation traduit une évolution du traitement du dossier au sein du Conseil de sécurité, même si le projet révisé réaffirme parallèlement le principe d’autodétermination. Le texte final devra donc être examiné dans son ensemble pour déterminer la portée juridique et politique des dispositions adoptées.

Parmi les changements les plus significatifs figure la proposition de modifier la dénomination de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).nSelon le projet américain, la mission deviendrait, à compter du 1er novembre 2026, la Mission des Nations unies au Sahara occidental (MINUSO), faisant ainsi disparaître la référence explicite au référendum de son appellation.

Cette modification revêt une forte portée symbolique, dans la mesure où elle accompagnerait le recentrage du processus onusien sur la recherche d’une solution politique négociée. Toutefois, le changement de dénomination ne constituerait pas, à lui seul, une suppression juridique du principe d’autodétermination, toujours mentionné dans la version révisée du projet.

Washington propose également de prolonger le mandat de la mission jusqu’au 31 octobre 2027, tout en chargeant le secrétaire général des Nations unies de présenter des recommandations concernant l’adaptation de ses effectifs et de son dispositif opérationnel. Les propositions pourraient notamment porter sur une réduction des personnels, ainsi que sur le regroupement ou la fermeture de certains sites d’observation.

Contrairement à la première version américaine, qui prévoyait un calendrier plus contraignant de transformation de la mission, les nouvelles dispositions privilégient une réorganisation progressive, dont les modalités resteraient soumises à l’appréciation du Conseil de sécurité.

Le projet aborde également les questions sécuritaires, en faisant référence à l’attaque ayant visé la ville de Smara le 5 mai 2026. La version rapportée par Rue20 fait état d’une condamnation de cette attaque et insiste sur la nécessité pour les parties de respecter pleinement le cessez-le-feu et de s’abstenir de toute reprise des hostilités.

Un autre point important concerne les populations installées dans les camps de Tindouf, en Algérie. Le texte américain demanderait au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de mener à terme, dans un délai de six mois, l’enregistrement des personnes vivant dans ces camps, conformément au droit international des réfugiés.

Il prévoit également que cette opération puisse être réalisée sans entrave ni ingérence, avec les garanties nécessaires en matière de liberté de mouvement et d’accès aux populations concernées. Cette disposition répond à une revendication défendue de longue date par le Maroc, qui appelle régulièrement à un recensement des habitants des camps afin de disposer de données démographiques fiables et de garantir la transparence de l’assistance humanitaire.

Sur le plan diplomatique, le projet met en avant les efforts de médiation conduits par les États-Unis et l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura. La version évoquée fait référence à plusieurs cycles de discussions réunissant le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, dans le cadre des initiatives visant à relancer les négociations politiques autour de la proposition marocaine d’autonomie.

Le texte envisage également un élargissement des consultations à différentes composantes de la population sahraouie, qu’elles se trouvent dans le territoire, dans les camps ou au sein de la diaspora. Cette orientation permettrait, selon l’approche défendue dans le projet, d’associer une diversité d’interlocuteurs au processus politique et d’élargir les perspectives de négociation.

La place accordée à l’initiative marocaine constitue ainsi l’un des principaux enjeux diplomatiques du vote attendu vendredi. Pour Rabat, la confirmation de l’autonomie comme cadre central des négociations renforcerait une dynamique diplomatique déjà marquée par le soutien croissant de plusieurs partenaires internationaux à cette proposition.

Néanmoins, les différentes versions du projet américain ont fait l’objet d’ajustements au cours des consultations entre les membres du Conseil de sécurité. Certaines formulations ont été assouplies afin de faciliter la recherche d’un consensus, notamment sur l’avenir de la mission onusienne et les modalités de règlement politique du différend. Le scrutin prévu le 30 octobre sera donc déterminant pour connaître les dispositions finalement retenues.

Si les orientations actuellement envisagées sont confirmées, elles pourraient marquer une nouvelle étape dans l’évolution du cadre onusien du dossier du Sahara, en renforçant le rôle de la proposition marocaine d’autonomie et en ouvrant la voie à une redéfinition des missions de la présence des Nations unies sur le terrain.

Pour le Maroc, l’enjeu dépasse ainsi le simple renouvellement du mandat de la mission : il concerne la consolidation du plan d’autonomie comme référence politique des prochaines négociations et l’évolution du processus diplomatique vers une solution durable.

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