La session du conseil communal de Tiflet a viré au chaos suite aux déclarations controversées de son vice-président, membre du bureau politique du Parti du Mouvement Démocratique et Social (MDS). Ce dernier a proféré des accusations directes à l’encontre de la figure historique de la gauche et de la résistance marocaine, le défunt Mohamed Bensaid Aït Idder, le qualifiant de « traître » et d’« agent à la solde de l’étranger ».
Ces propos ont brutalement fait basculer les travaux de l’assemblée, transformant le débat sur la gestion des affaires locales en une vive altercation politique entre les membres du conseil.
Indignation générale des forces de gauche
Face à cet incident, les forces politiques de gauche sont rapidement montées au créneau pour dénoncer une dérive grave. Elles ont fustigé l’utilisation d’une institution élue comme tribune de règlement de comptes politiques et d’atteinte aux symboles de la libération nationale, exigeant du vice-président le retrait immédiat de ses propos et des excuses publiques. La présidence du conseil et les autorités de tutelle ont également été pointées du doigt pour leur silence passif.
Dans un communiqué adressé à l’opinion publique nationale, l’« Alliance de la Gauche » a exprimé sa ferme condamnation face à ce qu’elle qualifie de « recul politique et démocratique dangereux ». La coalition a dénoncé « une audace inacceptable atteignant la mémoire collective du peuple marocain et les symboles du mouvement de libération nationale ».
La mémoire collective ciblée
L’Alliance de la Gauche a rappelé que Mohamed Bensaid Aït Idder n’est pas un nom ordinaire dans l’histoire du Royaume. Pour le regroupement politique, s’en prendre à une figure historique ayant consacré sa vie aux combats de la libération et de la démocratie dépasse le simple affrontement partisan : il s’agit d’une attaque directe contre la mémoire collective forgée par les sacrifices de générations de militants, ainsi qu’une tentative rejetée de réécrire l’histoire par la stigmatisation plutôt que par la vérité des faits.
Le communiqué insiste sur la stature de Mohamed Bensaid Aït Idder, figure proue de la résistance contre le colonialisme, cofondateur et dirigeant de l’Armée de libération, puis militant infatigable contre l’autoritarisme, défenseur des valeurs de liberté, de dignité et de justice sociale jusqu’à son dernier souffle.
Exigence d’excuses publiques et appel à la protection de la mémoire
Qualifiant ces accusations de « tentative désespérée de porter atteinte au parcours d’un patriote exemplaire », l’Alliance a estimé que les déclarations du vice-président manquaient des conditions élémentaires d’« légitimité morale et politique ».
Exigeant des excuses publiques adressées au peuple marocain, à la famille du défunt ainsi qu’à ses camarades de lutte, l’Alliance de la Gauche a rappelé que porter atteinte aux symboles de la résistance ne relève pas d’une simple divergence d’opinion. Enfin, la coalition a réitéré son appel à l’État et aux institutions concernées pour la mise en œuvre effective des recommandations de l’Instance Équité et Réconciliation (IER), afin de préserver la mémoire nationale et de garantir la non-répétition de tels dépassements.
Tiflet : Vives tensions au conseil communal autour de la figure d’Aït Idder






