Idriss El Azami El Idrissi, président du groupe du Parti de la justice et du développement à la Chambre des représentants, est revenu sur l’affaire des bulletins de vote retrouvés en nombre dans un sac à l’intérieur d’un bureau de vote à Tanger et portant, selon les éléments évoqués, des marques en faveur du Parti authenticité et modernité.
S’exprimant ce jeudi 22 octobre 2026 lors de la séance consacrée à la discussion du programme gouvernemental, El Azami a qualifié cet épisode de « fait honteux » soulevant, selon lui, de sérieuses interrogations sur l’intégrité du processus électoral.
S’adressant directement à la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, il a affirmé que cette affaire serait liée, selon ses propos, à l’implication de responsables du parti aujourd’hui à la tête de la coalition gouvernementale. Il a parlé d’un sac contenant des bulletins « préparés en masse au profit de votre parti », allant jusqu’à qualifier l’affaire de « crime électoral constitué ».
Le président du groupe parlementaire du PJD a estimé que cet incident ne pouvait pas être considéré comme un cas isolé. Selon lui, une telle pratique n’aurait pas été possible sans un sentiment d’impunité ou de protection chez son auteur présumé.
El Azami a inscrit cette affaire dans un tableau plus large des dysfonctionnements qu’il attribue au scrutin du 23 septembre 2026. Il a notamment évoqué un niveau de participation qu’il a présenté comme le plus faible enregistré depuis 2007, y voyant le signe d’un approfondissement de la crise de confiance envers les institutions élues et l’action politique.
Le responsable du PJD a également dénoncé ce qu’il considère comme un recours massif à l’argent par certains candidats pour influencer les électeurs. Il a critiqué ce qu’il a décrit comme une attitude trop passive de l’administration face à certaines infractions électorales qui auraient été commises publiquement, malgré le renforcement du cadre juridique réprimant différentes formes de corruption électorale.
Dans son intervention, El Azami a par ailleurs remis en cause plusieurs éléments du système électoral, notamment le quotient électoral, la suppression du seuil, ainsi que les difficultés liées aux inscriptions et radiations sur les listes électorales. Il a aussi évoqué le nombre élevé de bureaux de vote et la répartition, parfois éloignée, des membres d’une même famille entre plusieurs bureaux.
Le député a encore critiqué le refus présumé de certains agents d’autorité ou présidents de bureaux de remettre immédiatement les procès-verbaux, ainsi que les retards dans l’annonce des résultats. Selon lui, certains résultats auraient été proclamés alors que les commissions de recensement n’avaient pas encore terminé leurs travaux ni remis l’ensemble des procès-verbaux aux représentants des candidats.
El Azami a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « dopage électoral » et de « réanimation politique » à la veille du scrutin. Il faisait notamment référence aux changements de parti de plusieurs candidats, en particulier entre formations de l’ancienne majorité, ainsi qu’à l’arrivée de nouveaux profils dans certains partis à l’approche des élections.
Le responsable du PJD a aussi critiqué ce qu’il considère comme une préparation anticipée du scénario de la future présidence du gouvernement avant même que les électeurs ne se prononcent. Selon lui, de telles pratiques alimentent chez les citoyens une interrogation sur l’utilité même des élections et du vote lorsque les scénarios politiques donnent l’impression d’avoir été établis à l’avance.
En outre, Idriss El Azami El Idrissi a affirmé que plusieurs des dysfonctionnements qu’il dénonce avaient également été relevés, selon lui, dans des communiqués officiels publiés par trois partis appartenant aujourd’hui à la majorité gouvernementale.






