Ahmed Touizi, candidat du Parti authenticité et modernité (PAM) et de la nouvelle majorité gouvernementale, a été élu, ce mardi 13 octobre 2026, président de la Chambre des représentants. Il succède à Rachid Talbi Alami à la tête de la première Chambre du Parlement.
Le scrutin, organisé à bulletin secret, a réuni 369 députés. Ahmed Touizi a recueilli 220 voix, contre 59 pour Driss El Azami El Idrissi, candidat du Parti de la justice et du développement (PJD), tandis que 90 bulletins ont été déclarés nuls. Au total, 279 suffrages ont été valablement exprimés.
La séance a été présidée par Abdelaziz Abba, président du bureau provisoire en sa qualité de député le plus âgé, conformément aux règles encadrant l’ouverture de la nouvelle législature. L’élection s’est tenue dans le respect de l’article 62 de la Constitution et du règlement intérieur de la Chambre des représentants.
L’élection de Touizi intervient au lendemain de l’annonce de la nouvelle coalition gouvernementale réunissant le PAM, le Parti de l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme. Sa victoire constitue ainsi l’un des premiers tests grandeur nature de la nouvelle majorité au Parlement.
Face à lui, Driss El Azami El Idrissi portait la candidature du PJD, désormais dans l’opposition. Ancien ministre délégué chargé du Budget sous le gouvernement Benkirane, ancien maire de Fès et ancien président du groupe parlementaire du PJD, il avait été désigné à l’issue d’un vote interne de son parti.
L’écart important entre les deux candidats confirme le rapport de force favorable à la coalition gouvernementale au sein de la première Chambre, même si le nombre élevé de bulletins nuls attire aussi l’attention sur les positionnements d’une partie des députés ne s’étant clairement rangés derrière aucun des deux candidats.
Ahmed Touizi n’est pas un nouveau venu dans la vie parlementaire. Membre du bureau politique du PAM, il possède plus de trois décennies d’expérience politique et parlementaire. Sa première entrée au Parlement remonte à 1993. Élu d’Al Haouz, il a présidé le groupe parlementaire du PAM à la Chambre des représentants durant la législature 2021-2026. Il a également siégé à la Chambre des conseillers, où il a été membre du bureau.
Son parcours politique est aussi étroitement lié à la région de Marrakech. Ahmed Touizi a notamment dirigé le conseil communal d’Aït Ourir et présidé l’ancienne région de Marrakech-Tensift-Al Haouz. Le Desk Son choix comme candidat du PAM n’était pourtant pas acquis plusieurs jours auparavant. Plusieurs noms avaient circulé pour le perchoir, notamment ceux d’Abdellatif Ouahbi, Azzedine El Midaoui, Mohamed Sibari ou encore Mehdi Bensaid. Le PAM a finalement arrêté son choix sur Touizi quelques heures avant le vote.
Dans les jours précédant la formation de la majorité, Touizi avait publiquement plaidé pour une coalition réunissant le PAM et les trois formations issues de la Koutla historique, à savoir l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. Cette configuration est précisément celle qui a été annoncée lundi par Fatima Ezzahra El Mansouri.
Son accession à la présidence de la Chambre des représentants apparaît ainsi comme une continuité logique de la nouvelle architecture politique née des élections législatives du 23 septembre. Le PAM, arrivé en tête du scrutin, contrôle désormais également le perchoir de la première Chambre, ce qui renforce son poids dans la conduite de la nouvelle séquence institutionnelle.
La présidence de la Chambre des représentants constitue en effet bien plus qu’une fonction protocolaire. Elle joue un rôle central dans l’organisation des séances, la gestion de l’agenda législatif, la coordination entre les groupes parlementaires et la représentation institutionnelle de la Chambre.
L’élection du président marque seulement la première étape de la mise en place des structures de la nouvelle Chambre. Les députés devront désormais procéder à la constitution du bureau, des commissions permanentes et des autres instances internes appelées à encadrer le travail législatif et le contrôle de l’action gouvernementale au cours de la douzième législature.
Pour Ahmed Touizi, le défi sera désormais de présider une Chambre traversée par une nouvelle configuration politique, entre une majorité gouvernementale resserrée autour de quatre partis et une opposition appelée à se réorganiser. Son élection avec 220 voix lui assure une assise parlementaire confortable pour entamer son mandat. Reste désormais à voir comment cette majorité se traduira dans la gestion quotidienne de la première Chambre et dans les grandes batailles législatives de la nouvelle mandature.






