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Flambée du diesel : la Samir revient au cœur du débat sur la sécurité énergétique du Maroc

La hausse des prix des produits pétroliers raffinés sur les marchés internationaux ravive au Maroc le débat sur l’avenir de la raffinerie Samir de Mohammedia.

Alors que les tensions sur les marchés énergétiques s’accentuent, El Houssine El Yamani, président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, met en garde contre une possible répercussion de cette conjoncture sur les prix à la pompe, notamment celui du gasoil.

Selon ses estimations, le prix du gasoil sur le marché international pourrait dépasser 1 400 dollars la tonne. Un tel niveau pourrait, en tenant compte de la fiscalité ainsi que des coûts et marges de distribution, porter le prix du litre au Maroc au-delà de 16,5 dirhams, estime-t-il.

El Yamani attribue ces tensions à plusieurs facteurs, notamment la contraction de l’offre mondiale, les perturbations du transport maritime, l’impact des conflits armés et des sanctions sur certaines sources d’approvisionnement, ainsi que l’insuffisance des investissements internationaux dans les capacités de raffinage.

Dans ce contexte, l’écart croissant entre le prix du pétrole brut et celui des produits raffinés constitue, selon lui, une pression supplémentaire pour les pays fortement dépendants des importations. Au Maroc, il estime que la facture annuelle des importations de gasoil dépasse 40 milliards de dirhams, sans compter l’essence, le carburant aérien, le fioul industriel ou encore le bitume.

Cette conjoncture remet ainsi sur le devant de la scène la question de la Samir, dont l’activité de raffinage est à l’arrêt. El Yamani plaide pour une remise en service de l’installation en tant que raffinerie intégrée et rejette l’idée de limiter ses infrastructures au seul stockage des hydrocarbures.

À ses yeux, le redémarrage des capacités de raffinage permettrait au Maroc de disposer d’une marge de manœuvre supplémentaire face aux perturbations de l’approvisionnement et à la volatilité des cours internationaux des produits raffinés.

Depuis le placement de la Samir en liquidation judiciaire en 2016, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie réclame une solution permettant la reprise de son activité.

Parmi les pistes avancées figure le transfert des actifs à l’État à travers un mécanisme de compensation des créances, une proposition qui avait notamment fait l’objet d’une initiative législative au Parlement sans aboutir sous la précédente législature.

Face aux tensions actuelles sur les marchés énergétiques, El Yamani appelle également à des mesures temporaires sur la fiscalité du gasoil et de l’essence afin d’atténuer l’impact d’une éventuelle hausse sur les consommateurs.

Pour le responsable syndical, la question de la Samir dépasse désormais le seul avenir industriel de la raffinerie : elle s’inscrit, selon lui, dans un débat plus large sur la sécurité énergétique du Royaume et sa capacité à réduire son exposition aux fluctuations des marchés internationaux.

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