RABAT – Alors que le ballet des consultations politiques s’accélère, une voix dissonante se fait entendre au sein du Parti Authenticité et Modernité (PAM). Invité de l’émission Nouqta ila Assatr sur la chaîne Al Aoula, Hicham El Mhajri, membre du bureau politique du parti, a opposé un veto ferme à toute coalition avec le Parti de la Justice et du Développement (PJD) ainsi qu’avec le Rassemblement National des Indépendants (RNI). Tout en reconnaissant qu’il s’agit de sa position personnelle, le dirigeant a promis de la défendre avec hargne au sein des instances décisionnelles du PAM.
Pour El Mhajri, le diagnostic est sans appel : un rapprochement avec les islamistes du PJD relève de la ligne rouge en raison d’un « fossé idéologique insondable ». Quant au RNI, il qualifie la reconduction de l’alliance d’« aventure impossible » dans la conjoncture actuelle. Il reproche notamment à la formation d’Aziz Akhannouch son hégémonie sur les carrefours stratégiques de l’État et son appropriation exclusive des portefeuilles clés.
Le cadre du PAM a particulièrement ciblé la gestion du secteur agricole, appelant à une rupture nette à la tête du ministère de l’Agriculture pour « faire toute la lumière » sur ce département, monopolisé selon lui depuis près de vingt ans. D’après M. El Mhajri, la rhétorique du RNI vantant une prospérité déconnectée du terrain (« El-Am Zine ») a fini par heurter de plein fouet la réalité quotidienne des citoyens, provoquant un vote sanction dans les urnes.
Sur le plan de la méthode, le bureau politique a officiellement mandaté la coordonnatrice de la direction collégiale — investie de la confiance royale pour former le cabinet — afin de conduire les tractations avec l’ensemble du spectre politique. Cette ouverture inclut les partis d’opposition, considérés comme des acteurs institutionnels majeurs du Parlement.
Cette première phase de négociations doit s’engager sous 48 heures avec un impératif d’efficacité : accélérer la constitution du gouvernement pour respecter l’agenda constitutionnel de vote du projet de loi de finances. Le schéma retenu prévoit deux tours de table avant la présentation du projet de coalition au Conseil national pour validation.
Même si la direction du PAM soutient qu’aucune porte n’est fermée à ce stade, Hicham El Mhajri entend mener une véritable campagne interne. Dès les premiers arbitrages des négociations, il promet de mobiliser les militants et les membres du Conseil national contre tout accord avec le RNI, affirmant que la liberté de débat au PAM constitue sa principale force démocratique.






