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« Sebta n’est pas l’Espagne » : La sortie polémique de l’eurodéputée Ilaria Salis enflamme Bruxelles

C’est une intervention qui ne manquera pas de laisser des traces. En affirmant haut et fort depuis l’hémicycle de Strasbourg que « Ceuta n’est pas l’Espagne, Ceuta n’est pas l’Europe », l’eurodéputée italienne Ilaria Salis a provoqué un véritable séisme politique. Ses propos, remettant en cause le statut des enclaves et qualifiant la ville de « vestige du colonialisme », ont immédiatement embrasé la classe politique espagnole.

Une charge frontale contre la lecture officielle
Invitée à s’exprimer sur la crise migratoire qui a secoué Sebta fin juillet, la élue du groupe de la Gauche a pris le contre-pied total de la narrative de Madrid. Pour elle, impossible de comprendre les récents flux migratoires sans analyser cette contradiction géographique et historique :

Un ancrage africain et colonial : « Géographiquement, elle se trouve en Afrique et, historiquement, elle constitue un vestige du colonialisme européen », a-t-elle lancé devant ses pairs.

Une critique de la droite : Salis a fustigé l’exploitation de la crise par les conservateurs, accusés d’avoir transformé l’événement en une « campagne de propagande raciste et nationaliste ».

Le procès des expulsions : L’eurodéputée a également pointé du doigt les refoulements et posé la question de la liberté de circulation sur le sol africain, dénonçant « l’esprit colonial qui continue de traverser l’Europe ».

Tollé immédiat en Espagne
Sans surprise, la sortie de l’élue italienne a fait l’effet d’une onde de choc de l’autre côté des Pyrénées. Les médias espagnols se sont emparés de la formule choc, déclenchant une levée de boucliers au sein de la classe politique.

Si certains observateurs estiment que son intervention a le mérite de replacer la dimension post-coloniale au cœur d’un débat trop souvent réduit au prisme de la sécurité, la grande majorité des personnalités politiques espagnoles ont vivement condamné ces déclarations, touchant à une ligne politique hautement sensible.

Un profil politique sous haute tension
Cette polémique prend une épaisseur particulière en raison du parcours et des fonctions d’Ilaria Salis. Élue en 2024 et membre de la commission des Libertés civiles, elle siège également au sein de la délégation chargée des relations avec les pays du Maghreb et le Maroc.

Son appartenance au groupe The Left — qui compte dans ses rangs la formation espagnole Sumar, alliée du gouvernement de Pedro Sánchez — ajoute un relief géopolitique délicat à cette sortie, même si elle n’engage pas officiellement toute la coalition de gauche. Une chose est sûre : le statut de Sebta vient de s’inviter, avec fracas, au cœur des tensions et des contradictions de la géopolitique européenne.

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