À l’occasion d’une réunion de travail tenue le 10 septembre 2026 au siège de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a présenté les grandes orientations économiques de sa formation. Face aux représentants du patronat, le responsable a plaidé pour une alliance stratégique entre l’État et le secteur privé, loin de toute posture populiste, afin de moderniser le tissu productif national.
Cap sur 2027 pour la structuration de l’informel
Au cœur des échanges, l’intégration du secteur informel figure comme le chantier prioritaire qui sera engagé dès 2027, conjointement avec l’élaboration de la loi de finances. Cette démarche visera non pas à accroître la pression fiscale, mais à offrir un cadre transparent aux acteurs concernés pour leur permettre d’accéder aux mécanismes d’appui et de financement. À l’horizon 2030, le projet ambitionne d’accélérer l’inclusion bancaire, de généraliser le paiement électronique et de moderniser les modes de transaction à l’instar des économies émergentes.
Infrastructures et désenclavement régional
Rappelant la hausse de l’investissement public à 110 milliards de dirhams et l’extension du réseau autoroutier à 1 800 kilomètres, Fouzi Lekjaa a souligné l’urgence de réaliser le nouvel axe reliant Marrakech au Nord via Fès. Ce projet stratégique vise à désenclaver les bassins économiques de Fès et Meknès en les connectant directement aux infrastructures septentrionales. En parallèle, l’essor du transport aérien — qui franchit le cap des 36 millions de passagers — continuera d’être soutenu par la modernisation des aéroports en vue des échéances de la Coupe du Monde.
Protection sociale et arbitrage des cotisations
Si la couverture médicale s’étend aujourd’hui à plus de 7 millions de personnes, près d’un tiers des travailleurs — notamment les agriculteurs, artisans et intermittents — demeurent exposés à la précarité des revenus. Le PAM préconise un travail conjoint avec les fédérations professionnelles de la CGEM pour distinguer clairement les catégories vulnérables dont les cotisations doivent être prises en charge par la collectivité de celles en mesure de contribuer directement au système.
Investissements publics et régulation des marchés
Bien que l’État consacre près de 97 milliards de dirhams à l’éducation — soit environ 6 % du PIB —, le système continue de faire face à un taux d’abandon annuel de 300 000 élèves, tandis que la part de l’enseignement privé stagne à 13 %. Face à ce constat, une révision des incitations à l’investissement et de l’encadrement des coûts s’impose. Par ailleurs, le responsable s’est attaqué à la multiplication des intermédiaires commerciaux qui multiplient par quatre ou cinq le prix des produits agricoles entre le producteur et le consommateur, préconisant un réalignement sur les circuits de distribution structurés.
Défi de l’emploi et intégration des jeunes
Alors que le taux d’activité des femmes plafonne à 19 % (contre 69 % chez les hommes), le pays compte près de 2,9 millions de jeunes hors du circuit de l’enseignement, de la formation et de l’emploi (NEET), avec un chômage atteignant 27,2 % chez les 15-24 ans. Pour y répondre, le PAM entend transmettre sous deux à trois jours aux partenaires politiques et économiques une étude technique détaillée de 1 200 pages — socle de son programme électoral — afin d’ouvrir un débat de fond sur les réformes structurelles à mener.






