Le Rassemblement national des indépendants (RNI) place le renforcement des ressources humaines et le rapprochement des soins des citoyens au cœur de ses priorités pour les prochaines années. Le parti s’engage notamment à porter la densité des professionnels de santé à 45 pour 10 000 habitants d’ici 2030 et à mobiliser 5 000 agents de santé au profit des zones rurales et enclavées.
Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale et membre du bureau politique du RNI, a indiqué mardi à Rabat que ces engagements s’inscrivaient dans le programme du parti visant à poursuivre la réforme du système de santé. Il a souligné que le RNI ne proposait pas de repartir de zéro, mais de poursuivre les réformes engagées au cours des cinq dernières années et d’en accélérer la mise en œuvre.
Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du programme électoral du parti, Tahraoui a expliqué que l’objectif central était d’améliorer la qualité des services de santé et de rapprocher les soins des citoyens dans les différentes régions du Royaume, tout en achevant plusieurs chantiers déjà engagés et en élargissant leur portée.
Dans cette perspective, le RNI s’engage à généraliser les Groupements sanitaires territoriaux (GST) à l’horizon 2027, à renforcer la place du médecin de famille dans le parcours de soins et à atteindre une densité de 45 professionnels de santé pour 10 000 habitants d’ici 2030.
Tahraoui a lié cet objectif aux réformes entreprises dans le domaine de la formation médicale au cours du mandat gouvernemental. Il a notamment évoqué la création de sept nouvelles facultés de médecine et l’augmentation du nombre de places pédagogiques, passé de 3 000 à 7 000 par an, afin d’accroître progressivement les effectifs de médecins, compte tenu de la durée des études et des spécialisations.
Dans le même contexte, le ministre a annoncé que les établissements hospitaliers publics en régions accueilleront, à la fin du mois, près de 500 médecins spécialistes. Il s’agit, selon lui, de la première promotion concernée par le nouveau régime contractuel fixé à six ans, contre huit auparavant.
Le programme accorde également une attention particulière aux zones rurales et enclavées, avec la mobilisation prévue de 5 000 agents de santé chargés de fournir des soins de santé primaires, de renforcer la prévention et d’assurer le suivi des patients, notamment dans les territoires confrontés à une pénurie de personnel médical.
Le rapprochement des soins passera également par le développement de la télémédecine. Le programme prévoit la création de 100 stations et unités connectées aux zones enclavées. Les Groupements sanitaires territoriaux devront intégrer ce dispositif en reliant les centres hospitaliers universitaires aux hôpitaux provinciaux, aux hôpitaux de proximité et aux établissements de soins de santé primaires, notamment pour les spécialités souffrant d’un manque de médecins.
Sur le plan des infrastructures, Tahraoui a annoncé l’engagement du RNI à achever les centres hospitaliers universitaires à l’horizon 2029, à réhabiliter 1 600 établissements de soins de santé primaires, à créer 200 structures sanitaires supplémentaires et à déployer 100 unités médicales mobiles dans les zones confrontées à des déficits d’offre de soins.
Le programme de réhabilitation des 1 600 établissements de soins de santé primaires a effectivement démarré en 2026, après l’achèvement de l’engagement précédent portant sur 1 400 centres. Selon le ministre, l’opération repose sur un modèle harmonisé en matière d’équipements, d’accueil et de services, et ne se limite pas à la rénovation des bâtiments.
La création des 200 nouvelles structures sanitaires reposera, selon Tahraoui, sur une cartographie sanitaire géographique numérique développée afin d’identifier les déficits en infrastructures et en équipements. Celle-ci doit permettre aux Groupements sanitaires territoriaux de programmer leurs projets en fonction des besoins réels de chaque territoire.
Le programme prévoit également l’unification du numéro d’urgence autour du 141 ainsi que la création de 12 services régionaux, dans le cadre d’une réorganisation visant à améliorer l’accès aux services de santé dans l’ensemble des régions du Royaume.
Concernant les infrastructures hospitalo-universitaires, Tahraoui a annoncé le lancement des travaux de quatre CHU, notamment à Béni Mellal, Guelmim et Errachidia. Il a insisté sur le rôle de ces établissements dans l’accompagnement des facultés de médecine et la mise à disposition d’espaces de formation et de stages, mais aussi dans la création d’emplois susceptibles de favoriser l’installation durable des compétences médicales dans leurs régions.
Le ministre s’est également attardé sur le projet du nouveau CHU de Casablanca. Il a expliqué que le gouvernement avait revu son projet initial, qui prévoyait de reconstruire l’établissement sur son site actuel, au profit d’un nouvel emplacement permettant de réaliser un hôpital répondant aux normes modernes, avec une capacité d’accueil et des équipements adaptés aux besoins de la capitale économique.
Pour Amine Tahraoui, l’ensemble de ces mesures s’inscrit dans la continuité des chantiers engagés ces dernières années. La prochaine étape devra être consacrée à l’accélération de leur mise en œuvre et à l’élargissement de leur impact, avec pour objectif de placer la qualité et la proximité des soins au cœur de la réforme du système de santé à l’horizon 2030.






