L’Alliance de la gauche, réunissant la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU), s’est engagée à lutter contre la corruption, la rente, les monopoles et l’enrichissement illicite dans le cadre de son programme électoral pour les élections de 2026. Elle ambitionne de faire évoluer le Maroc d’une économie de rente et de monopoles vers une économie productive fondée sur la souveraineté nationale, considérée comme l’un des leviers de la justice sociale et du renforcement de la démocratie.
Présentant le programme électoral de l’Alliance ce mardi 8 septembre 2026, Abdessalam El Aziz, secrétaire général de la Fédération de la gauche démocratique, a estimé que la construction d’un État démocratique efficace ne pouvait se concrétiser dans le cadre d’une économie reposant sur les privilèges, les monopoles et la spéculation.
Selon lui, la réalisation de la justice sociale nécessite une économie capable de produire des richesses, de créer des emplois et d’assurer une meilleure répartition de celles-ci.
Sur le plan institutionnel, l’Alliance entend renforcer l’État de droit, la séparation des pouvoirs, les libertés et l’intégrité, tout en accordant une place importante à la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts.
Abdessalam El Aziz a expliqué que le programme proposait notamment l’élaboration d’une loi globale sur l’intégrité couvrant, selon sa présentation, les questions liées aux conflits d’intérêts, à l’enrichissement illicite et aux « lobbies », ainsi que différents aspects relatifs à la transparence et à la lutte contre la corruption.
L’Alliance de la gauche établit également un lien direct entre la lutte contre la corruption et la réforme du modèle économique. Elle appelle ainsi à passer d’une économie de rente et de monopoles à une économie fondée sur la production, la connaissance et la concurrence, tout en s’attaquant aux situations de monopole et aux différentes formes de rente qui, selon elle, empêchent le potentiel économique du Maroc de se traduire par une croissance suffisante et durable.
Dans cette perspective, le programme prévoit notamment le développement d’une industrialisation nationale stratégique, le soutien aux petites et moyennes entreprises, la protection de la production nationale et la revalorisation de l’industrie locale. Il préconise également de renforcer les souverainetés alimentaire, hydrique et énergétique, tout en restructurant le système fiscal et en mobilisant de nouvelles ressources.
Pour Abdessalam El Aziz, ces transformations sont étroitement liées. Un État doté d’institutions fortes est, selon lui, en mesure de conduire la transformation économique et de lutter contre la rente, les monopoles et la corruption, tandis qu’une économie productive permet de dégager les ressources nécessaires au financement des services publics et de la protection sociale.
La transition sociale constitue également l’un des piliers du programme de l’Alliance, avec l’ambition de passer, selon la présentation faite mardi, d’une société marquée par la précarité et l’exclusion à une société fondée sur la dignité et l’égalité effective.
Selon les chiffres présentés par le secrétaire général de la FGD, le programme électoral comprend 431 mesures, dont la mise en œuvre nécessiterait une enveloppe d’environ 500 milliards de dirhams sur cinq ans.
Abdessalam El Aziz a souligné que l’Alliance de la gauche ne dissociait pas démocratie et développement, pas plus qu’elle ne séparait production et justice sociale. Selon lui, la démocratie constitue une condition de la production, la production une condition de la justice sociale, et cette dernière une condition de la stabilité démocratique.
L’engagement à lutter contre la corruption, la rente et l’enrichissement illicite s’inscrit ainsi dans une vision plus large visant à articuler réforme institutionnelle et transformations économique et sociale, en faisant de l’intégrité, de la lutte contre les conflits d’intérêts et de la fin des monopoles des composantes centrales de sa conception de la gestion des affaires publiques.






