Les syndicalistes de Al Adl Wal Ihsane ont exprimé leur rejet de l’instauration de frais à la charge des salariés et des fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études universitaires. Ils appellent à la création d’un front national unifié pour défendre l’enseignement public à tous les niveaux ainsi que le système public de recherche scientifique.
Dans un communiqué, les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur d’Al Adl Wal Ihsane ont dénoncé les récentes évolutions au sein de l’université marocaine, notamment la décision d’imposer des frais aux salariés et fonctionnaires désireux de poursuivre leurs études. Ils considèrent cette mesure comme une « atteinte flagrante au droit à l’éducation », s’inscrivant, selon eux, dans une politique de désengagement progressif de l’État de son obligation de financer le service public et de marchandisation de l’éducation et de la santé.
Le communiqué tire également la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de « transformation dangereuse » menaçant le système d’éducation et de formation. Il dénonce la poursuite, par le gouvernement et les ministères de tutelle, d’une politique consistant à imposer unilatéralement des décisions stratégiques, loin des principes de concertation, du dialogue social et du dialogue sectoriel.
Les syndicalistes du mouvement estiment que l’imposition d’une logique de paiement, à travers le dispositif dit du « temps aménagé », aux fonctionnaires et salariés, risque de réduire les possibilités offertes à de larges catégories de poursuivre leurs études et de développer leurs compétences scientifiques et professionnelles. Selon eux, cette orientation remet également en cause le droit à l’apprentissage tout au long de la vie dans des conditions d’équité et de qualité, en soumettant l’accès à la formation à la capacité financière des personnes concernées.
Ils considèrent que ces choix, qu’ils jugent porteurs de logiques d’exclusion, risquent d’aggraver la marginalisation et les inégalités et de produire de profondes dysfonctionnements au sein de l’école et de l’université, au lieu de contribuer à la construction d’un système public d’enseignement et de recherche équitable et de qualité.
Les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur d’Al Adl Wal Ihsane ont ainsi annoncé leur soutien au rassemblement national de protestation prévu le dimanche 23 août 2026 à partir de 10 heures devant le Parlement à Rabat. Ils ont appelé à une large mobilisation pour exprimer le rejet de ces politiques et défendre le droit à un enseignement public gratuit et de qualité pour tous, sans discrimination.
En outre, ils ont appelé les organisations politiques, syndicales, de défense des droits humains et associatives à unir leurs efforts et à coordonner leurs initiatives au sein d’un front national commun pour défendre l’école et l’université publiques et s’opposer à toute mesure susceptible de transformer l’éducation d’un droit public en un facteur d’exclusion et de discrimination.






