Le gouvernement espagnol a écarté l’idée d’un retour collectif au Maroc des mineurs marocains non accompagnés présents sur son territoire, en réponse à la demande formulée par Rabat. Le dossier suscite un vif débat politique en Espagne, notamment autour de la situation à Ceuta. Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, avait appelé Madrid à permettre le retour au Maroc de l’ensemble des mineurs marocains non accompagnés se trouvant en Espagne, plaidant pour la mise en place rapide d’une solution permettant leur rapatriement.
Les autorités espagnoles considèrent toutefois qu’une telle mesure ne peut être appliquée de manière générale dans le cadre juridique actuel. Le retour des mineurs non accompagnés est soumis à des garanties spécifiques et à un examen individuel de chaque situation, notamment au regard de la protection de l’enfant et de son intérêt supérieur.
Dans ce contexte, le Parti populaire (PP) a accentué la pression sur le gouvernement de Pedro Sánchez, réclamant une identification précise des mineurs et une vérification de leur situation avant leur répartition entre les différentes communautés autonomes espagnoles.
Le parti d’opposition dénonce notamment le manque de clarté concernant le nombre de mineurs actuellement présents à Ceuta. Il s’interroge sur la capacité du gouvernement à traiter près de 2 000 dossiers dans le respect des procédures légales alors que, selon lui, les données disponibles sur leur nombre réel dans la ville restent imprécises.
La controverse intervient dans le prolongement de la crise migratoire qu’a connue Ceuta, qui a replacé la question des mineurs marocains non accompagnés au centre du débat politique espagnol. Le dossier alimente également les divergences entre le gouvernement central et les communautés autonomes sur les modalités d’accueil, de répartition et de financement de leur prise en charge.
Selon des données gouvernementales espagnoles, près de 80 000 migrants seraient arrivés à Ceuta durant la crise, tandis qu’environ 1 400 mineurs se trouveraient toujours dans la ville. Une situation qualifiée d’« insoutenable » par le président du gouvernement de Ceuta, Juan Jesús Vivas.
Entre la demande marocaine de retour des mineurs, les contraintes juridiques invoquées par Madrid et les exigences du Parti populaire concernant leur identification avant toute répartition territoriale, le dossier s’impose comme un nouveau sujet sensible dans les relations entre le Maroc et l’Espagne, sur fond de gestion des conséquences de la récente crise migratoire à Ceuta.






