Face à un monde secoué par les crises et les tensions géopolitiques, l’espace euro-méditerranéen et le Golfe n’ont plus vraiment le choix : ils doivent s’unir. C’est le message fort porté par Omar Hejira à Marrakech, où le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur a appelé à bâtir une véritable souveraineté industrielle et commerciale commune.
Pour sa 4e édition, le Forum parlementaire économique de Marrakech a clairement changé de dimension. Comme l’a souligné Omar Hejira dès son entrée en matière, le rendez-vous n’est plus un simple salon où l’on échange des idées, mais une véritable plateforme stratégique pour sceller des partenariats concrets.
Et il y a urgence. Entre la panne des chaînes d’approvisionnement mondiales, le yo-yo des prix de l’énergie et les conflits régionaux qui s’éternisent, l’économie mondiale tourne au ralenti.
Des routes maritimes sous tension
Le constat du secrétaire d’État est lucide : les tensions géopolitiques actuelles ont complètement grippé la machine. Le coût du fret et des assurances maritimes s’est envolé, les trajets commerciaux traditionnels ont dû être repensés, et l’inflation continue de peser sur le portefeuille des États comme des citoyens. Résultat, les institutions internationales n’en finissent plus de revoir leurs prévisions de croissance à la baisse, notamment pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).
Pour Omar Hejira, la solution passe par une alliance pragmatique. L’Europe et le Golfe ont tout pour réussir ensemble : l’une a la technologie, l’autre les ressources énergétiques et financières, et les deux partagent un vivier de talents incroyable.
Pourtant, le tableau n’est pas parfait. Le ministre a regretté au passage que le commerce interarabe reste encore bien en deçà de son potentiel réel. Dynamiser ces échanges sera l’un des grands chantiers des années à venir.
Le Maroc en exemple : de l’automobile aux ports géants
Dans ce paysage mouvant, le Maroc fait figure de bon élève. Omar Hejira a rappelé comment le Royaume a su créer des écosystèmes industriels ultra-performants pour s’imposer dans la cour des grands. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’industrie automobile marocaine frôle aujourd’hui le million de véhicules produits par an, tandis que le secteur aéronautique continue d’attirer les géants mondiaux de l’air.
Cette réussite repose sur un réseau logistique en béton armé. Avec le méga-complexe Tanger Med et les nouveaux projets portuaires en cours, le Maroc s’impose comme le pont incontournable entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe. Un positionnement renforcé par des accords de libre-échange historiques, notamment avec l’Union européenne, qui prouvent qu’en matière d’économie, l’ouverture reste la meilleure arme pour doper la croissance et attirer les investissements.





