La Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme (LMDDH) a publié un communiqué exhaustif dans lequel elle dresse un état des lieux sans concession des libertés publiques au Maroc. De la protection des journalistes au traitement des ouvriers saisonniers en Espagne, en passant par le stress des examens du baccalauréat, le bras droit de l’Istiqlal appelle à des réformes profondes.
Un plaidoyer pour la liberté de la presse et l’action syndicale
Pour la LMDDH, l’ancrage de l’État de droit au Maroc ne pourra se faire sans une mise en conformité réelle des lois nationales avec les traités internationaux. L’organisation insiste particulièrement sur la nécessité de créer un environnement sécurisé pour les professionnels des médias. Selon elle, les journalistes doivent pouvoir exercer leur rôle de contre-pouvoir à l’abri de toute forme de pression ou de poursuites judiciaires abusives, afin de préserver le pluralisme des opinions et la vitalité du débat public.
Le constat est tout aussi pressant sur le front social. La Ligue s’inquiète de la multiplication des entraves à l’action syndicale au sein de plusieurs institutions. Rappelant que le droit de grève et la négociation collective sont des piliers constitutionnels, elle exhorte le gouvernement à accélérer les réformes législatives pour garantir la stabilité sociale et protéger les représentants des salariés, souvent en première ligne face aux discriminations.
Drame des saisonnières en Espagne : le cri du cœur de la Ligue
L’un des points noirs soulevés par le rapport concerne le sort des travailleuses et travailleurs saisonniers marocains dans les champs espagnols. Évoquant les nombreuses plaintes liées aux conditions d’hébergement précaires, au manque de couverture médicale et à l’absence de protection sociale, la LMDDH rappelle une vérité essentielle : « Le succès des programmes de migration saisonnière ne doit pas se mesurer à l’aune des seuls profits économiques, mais au respect strict de la dignité humaine. »
La Ligue a également exprimé son profond regret suite au décès récent d’une ouvrière marocaine en Espagne. Elle exige l’ouverture immédiate d’une enquête transparente pour établir les responsabilités. Les autorités marocaines et espagnoles sont appelées à renforcer de concert leurs mécanismes de contrôle pour garantir un travail décent et une couverture réelle contre les accidents du travail.
Baccalauréat : l’approche tout-sécuritaire pointée du doigt
Enfin, l’organisation s’est penchée sur le secteur de l’éducation, en pleine période d’examens. Si elle soutient fermement la lutte contre la triche pour préserver l’égalité des chances, elle critique vertement la dérive technologique et répressive de la démarche actuelle.
L’utilisation de détecteurs électroniques à l’intérieur même des classes, sous les yeux d’élèves déjà soumis à une immense pression familiale et sociale, est jugée contre-productive. La LMDDH estime que ces méthodes créent un climat d’anxiété préjudiciable et rappelle que la solution court terme ne remplacera jamais l’investissement pédagogique et la sensibilisation des jeunes.
En conclusion, la Ligue réaffirme son engagement à rester vigilante et invite l’ensemble des acteurs à privilégier la culture du dialogue pour bâtir une société marocaine véritablement fondée sur l’égalité, la dignité et la primauté du droit.






