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Accès au barreau : Ouahbi insiste sur la rigueur et la sélection des profils

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a relancé un vif débat au sein de la Commission de la justice et de la législation à la Chambre des conseillers autour de la réforme de la profession d’avocat et des conditions d’accès à celle-ci. Défendant les nouvelles dispositions, il a insisté sur un point central : ouvrir la profession ne signifie pas la rendre accessible sans critères.

« Je ne veux fermer la porte à personne, mais je ne veux pas non plus la laisser ouverte à tout le monde », a-t-il résumé, estimant que la magistrature comme la profession d’avocat exigent un haut niveau de formation, de rigueur et de capacité d’analyse.

Le ministre a notamment défendu la fixation d’un âge limite de 45 ans, qu’il justifie par la volonté de valoriser l’expérience de certaines catégories professionnelles, comme les greffiers, susceptibles selon lui d’apporter une réelle valeur ajoutée au barreau.

Abdellatif Ouahbi a également rappelé que les rôles du juge et de l’avocat sont fondamentalement différents : le premier tranche les litiges et apprécie les preuves, tandis que le second construit la défense et cherche les arguments juridiques les plus solides pour défendre son client.

Il a insisté sur la complexité du travail de rédaction des décisions de justice, qu’il décrit comme un véritable savoir-faire acquis avec le temps. Il a d’ailleurs confié avoir lui-même mesuré cette difficulté lors de ses expériences dans des dossiers complexes, nécessitant parfois l’appui de magistrats.

Concernant les examens d’accès à la profession, le ministre estime que l’enjeu ne réside pas dans la connaissance théorique du droit, mais dans la capacité à l’utiliser de manière pertinente et structurée. L’évaluation, selon lui, doit donc davantage porter sur la méthode et l’analyse que sur la mémorisation.

Abdellatif Ouahbi a aussi mis en garde contre toute banalisation du métier d’avocat, rappelant qu’il s’agit d’un travail exigeant au quotidien entre audiences, rédaction de documents, gestion des dossiers et relation avec les clients.

Dans cette logique, il a annoncé la volonté du ministère de créer un institut dédié à la formation des avocats, sur le modèle de celui des magistrats, afin de renforcer la qualité de la préparation et de mieux relier théorie et pratique.

Enfin, il a expliqué que l’exigence du master en droit vise aussi à ouvrir la profession à des profils issus d’autres disciplines comme l’économie, la comptabilité, l’ingénierie ou la psychologie, à condition de suivre une formation juridique complémentaire, afin d’enrichir les compétences au sein du secteur et de s’adapter aux évolutions du marché juridique.

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