Devant les membres de la Chambre des représentants, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, a dévoilé les contours d’une session 2026 du baccalauréat placée sous le signe d’une rupture technologique majeure. Affirmant sa volonté d’engager une véritable révolution numérique, le ministre a annoncé que les épreuves de la session ordinaire se tiendront les 4 et 6 juin prochains, avec une proclamation des résultats attendue dès le 17 du même mois. Cette opération d’envergure mobilisera pas moins de 2 007 établissements scolaires et 26 000 salles d’examen, sous l’œil vigilant de 150 000 cadres et enseignants dépêchés pour encadrer quelque 520 000 candidats. Si les effectifs globaux connaissent des fluctuations selon les catégories — avec des hausses notables allant jusqu’à 10,7 % pour certains profils — c’est surtout l’arsenal de contrôle qui cristallise toutes les attentions.
Au cœur de cette stratégie, l’adoption d’une plateforme numérique intégrée promet de sécuriser le parcours de chaque copie. Fort du succès initial du système « QR Code », le ministère généralise cette année une traçabilité électronique absolue : chaque candidat sera lié à un code unique permettant de suivre sa copie du bureau de l’examinateur jusqu’au centre de correction, limitant ainsi tout risque d’omission ou d’erreur humaine. Mais le défi le plus pressant reste celui de la fraude, dont les méthodes ne cessent de se sophistiquer. Mohamed Saad Berrada a longuement insisté sur la menace que font peser les technologies miniatures, telles que les oreillettes invisibles ou la diffusion instantanée des sujets sur les réseaux sociaux. Face à cette course contre la montre où l’égalité des chances se joue parfois en moins de cinq minutes, l’État muscle sa réponse.
Pour cette édition, l’ensemble des centres d’examen sera équipé de 2 000 détecteurs électroniques de pointe, capables de repérer les téléphones actifs et d’identifier avec précision les contrevenants dès l’entrée des salles. L’objectif affiché est sans équivoque : tendre vers un baccalauréat marocain « zéro fraude », où seul le mérite académique prévaut. En clôturant son exposé, le ministre a tenu à saluer le dévouement exceptionnel des équipes pédagogiques et administratives qui, dans l’ombre des imprimeries et des salles de surveillance, œuvrent durant des semaines pour garantir la souveraineté et la crédibilité de ce diplôme national, clef de voûte de l’avenir de la jeunesse marocaine.






