à la uneSociété

Justice : « Moul L’hout » banni des réseaux sociaux pour cinq ans

Le tribunal de première instance de Marrakech a rendu, ce mardi, un verdict très attendu dans l’affaire de l’individu surnommé « Moul L’hout », dont les agissements avaient enflammé les réseaux sociaux ces dernières semaines. Poursuivi en état de liberté, l’homme a été reconnu coupable d’avoir utilisé les plateformes numériques pour porter délibérément atteinte aux droits d’autrui. La sentence prononcée par l’instance judiciaire se veut à la fois ferme et pédagogique : cinq mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 1 500 dirhams.

Cependant, la mesure la plus marquante de ce jugement réside dans l’interdiction stricte imposée au condamné d’exercer la moindre activité sur les réseaux sociaux, les plateformes numériques ou ses propres chaînes durant les cinq prochaines années. Cette mise à l’écart forcée de la sphère digitale, qui prend effet dès le prononcé du jugement, souligne la volonté de la justice de neutraliser durablement toute capacité de nuisance en ligne de l’individu, tout en ordonnant par ailleurs la restitution de sa caution de poursuite.

Le volet civil du procès n’a pas été moins sévère, le tribunal ayant condamné « Moul L’hout » à verser des dommages et intérêts significatifs pour réparer le préjudice subi par les plaignants. Il devra ainsi s’acquitter de 40 000 dirhams au profit de l’une des victimes et de 30 000 dirhams pour la seconde. Pour garantir le respect de cette obligation, le tribunal a assorti ces indemnités d’une astreinte de 200 dirhams par jour de retard, envoyant un signal clair sur la nécessité d’une réparation effective.

Cette condamnation vient clore un dossier lourd où s’entremêlaient incitation à la haine, discrimination et violation flagrante de l’intimité. Les charges retenues, allant de la captation d’images privées sans consentement à la diffusion de fausses allégations à des fins de diffamation, illustrent la sévérité croissante des autorités face aux dérives du numérique. Par ce jugement, la justice marrakchie réaffirme que l’espace virtuel n’est pas une zone de non-droit et que la protection de la vie privée demeure une ligne rouge infranchissable.

Related Posts

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *